
La suppléante
Je n’ai que de bons mots pour ce premier roman d’Anne Bonhomme. C’est frais et léger, mais à ne pas confondre avec sans profondeur et insignifiant! Mathilde est une jeune femme consistante et intègre; solide et courageuse, malgré ce qu’elle en pense. C’est une femme de notre époque et ses références en sont la preuve. La télé-réalité d’Occupation Double, Stéphane Dion, Malajube et le Cirque du Soleil sont aussi présents dans son quotidien que dans le nôtre. D’ailleurs, ces divers repères sont souvent traités de façon humoristique et je vous garantis quelques rires aux éclats.
« Je lui raconte évidemment en détail son lapsus, ce qui rend Valérie aussi excitée qu’un croisement entre Éric Salvail et un chien hyperactif à qui on vient de lancer un os. » (p.87)
Ce n’est peut-être pas gentil pour M.Salvail, mais il faut avouer qu’en lisant cet extrait, l’image se crée assez rapidement dans notre tête ! Anne Bonhomme est vraiment très habile pour nous faire sourire de façon constante et elle réussit tout autant à bien nous transmettre les couleurs de ses personnages. À mes yeux, ce sont définitivement deux bonnes qualités pour une auteure.
Dans la catégorie du roman qu’on a envie de lire entre deux pavés périlleux, c’est un numéro gagnant. Mais, c’est plus que cela, c’est aussi un regard dramatique sur notre système d’éducation et les relations sociales dans un contexte de tension perpétuelle que peuvent être le milieu de travail et le couple. C’est un bon livre qui a mis beaucoup d’humour dans cette journée grisâtre et si je vous le suggère sans hésitation, j’ajouterais que La suppléante pourrait également se retrouver dans la section littérature pour ados de votre librairie préférée.
Domiciliée à Montréal, Anne Bonhomme est orthophoniste, profession qu’elle a exercée pendant plus de treize ans au sein du réseau scolaire québécois. La Suppléante est son premier roman.

