« Je vécus malheureux et je fis de grands chefs-d’œuvre. »

Le narrateur de ce roman souhaite devenir un grand auteur, un de ces « artistes incompris qui ont œuvré à décrypter la réalité ». Pour cela, il estime qu’il doit partir à la quête de son malheur. Il va alors tout mettre en œuvre dans ce but, tenter la malchance, attirer les mauvaises ondes, résister au monde qui l’entoure, etc. Mais ce n’est pas facile quand le printemps pointe son nez à Montréal, qu’on a une mère prévenante et un ami fidèle, le Rital, toujours là pour lui remonter le moral. Et puis il y aura la rencontre avec Zoé – une escort-girl qui souhaite devenir actrice – qui aurait pu être promesse d’un amour malheureux mais…

Voilà un premier roman qui a du style !
En effet, le narrateur – qui parle à la 1ère personne du singulier – a
une façon très particulière de s’exprimer : il joue avec les mots et
les expressions que l’on connaît tous et les utilise à tout va.

« Je m’en suis fait pour rien hier, le
mois de mars est revenu au menu du jour et il est tombé une pluie
diluvienne parfumée à la sauce maussade toute la journée. Il ne
faudrait pas que je m’énerve comme ça à la moindre petite percée
printanière, sinon je n’ai pas fini de me tordre le fer dans la plaie. »

Je pense que ce type d’écriture, ça
passe ou ça casse. Malheureusement, dans mon cas, ça a cassé ! En
effet, il m’a été impossible d’arriver à l’apprécier à sa juste valeur.
L’humour présent dans ces jeux de mots n’a pas fonctionné avec moi,
j’en ai même été légèrement irritée au point de trouver le narrateur
énervant.

Alors ensuite, impossible d’adhérer à
sa quête, de m’y intéresser. Pourtant, le fond est plutôt intéressant.
A travers la quête du narrateur, sont posées les questions suivantes :
faut-il être malheureux, plus bas que terre, drogué et alcoolique,
trèèèèèèèèès triste, au fond du trou pour écrire un chef-d’œuvre ?
Vivons-nous, occidentaux, à une époque où la vie est trop facile pour
écrire un livre qui deviendra un classique de la littérature ?

Voilà donc un premier roman au style particulier mais dont le principe n’a pas fonctionné avec moi ! Dommage, ce n’était pas le bon moment pour moi ou je n’étais pas la bonne lectrice !

1 Commentaire

  1. Comme tu dis, Caro(line), ça dépend aussi du lecteur. D’ajouter en grande quantité l’ingrédient « drôlerie » dans un style littéraire a cela de dangereux que le rire, ça se fait à deux.
    Ça revient à ton « ça casse ou ça passe ».
    Pour moi aussi, cela a cassé et j’en suis même désolé pour tout ce que je sens de talent en arrière du rire de surface.

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