
La suppléante
Parfois, une lectrice a besoin d’un livre doudou. Oui, dès les premières pages de La suppléante d’Anne Bonhomme, on
comprend que, malgré les embûches semées sur son parcours, Mathilde
triomphera mais, quel plaisir à la suivre pendant cette demi-année!
Quand le roman débute, Mathilde file un mauvais
coton. Son amoureux l’a laissée puis l’a éjecté du groupe rock dont
elle fait partie depuis des années, Les Bleuets sauvages. Elle n’aura
pas le temps de s’apitoyer longuement sur son sort puisque M. Charland,
directeur d’école vaguement désespéré (Mathilde est la 27e de 27 sur sa
liste de candidats), lui propose d’assumer un remplacement d’une
professeur en burnout. Du
jour au lendemain et sans expérience autre que d’enseigner le piano à
quelques élèves, elle se trouve parachutée dans le merveilleux monde de
l’enseignement au niveau primaire. Elle y découvrira les guerres de
pouvoir, la tutumanie (« Les amis, tu vas sortir ton cahier! », maladie
malheureusement très généralisée), l’absence de matériel adéquat (son
piano ne sera accordé que parce que l’ami d’un ami le fera gratuitement
et encore, cela fera des vagues) mais surtout le criant manque de
soutien devenu la norme dans notre système d’éducation publique. Elle
aura à s’adapter, à faire des choix, à trouver sa voie. En route, elle
tombera sous le charme des enfants, du père d’un élève doué, Paul,
violoncelliste de profession, pas tout à fait libre.passée à l’école Notre-Dame, une école primaire comme il en existe des
centaines.
Anne
Bonhomme, orthophoniste en milieu scolaire pendant 13 ans, jette un
regard parfois caustique sur cet univers si particulier mais le plus
souvent tendre. Son attachement au monde de l’enfance transparaît au
détour de plusieurs de ces pages. Le style est enlevé, direct et
attrayant. Bien sûr, on ne se plonge pas dans un tel roman pour
s’extasier sur une figure de style réussie ou une trame narrative
inusitée. Parfois, en lecture comme dans la vie, on a besoin d’être
édifié et, à d’autres moments, d’être diverti (les deux n’étant pas
nécessairement mutuellement exclusifs). Dans la catégorie « lecture
légère mais de qualité », ce premier roman tient amplement son pari. En
terminant, chapeau aux titres de chapitres qui reprennent des titres du
répertoire québécois. Quand on connaît bien la chanson…


C’est bien dit « lecture légère mais de qualité », je suis entièrement d’accord! Les autres rédacteurs de La Recrue auraient intérêt à y jeter un coup d’oeil!!
C’est ce que je m’apprête à faire avec la collaboration de Lucie.