
Monsieur Ho
Monsieur Ho et moi avons eu des débuts difficiles, parce que dès les premières pages, j’ai senti que le ton était assez politique et critique envers la Chine. Bien que ce ton soit justifié, je perds un peu l’intérêt lorsqu’il est question du petit livre rouge associé au communisme de Mao. Néanmoins, je me suis accrochée à ce livre pour certaines raisons… Et au final, je suis loin d’être déçue par ce voyage que Monsieur Ho entreprend en train dans le but de recenser la Chine. Il recense surtout les misères de son pays et c’est triste et frappant de constater à quel point nous oublions souvent la réalité des ces habitants au prix des marchandises à bas prix qui entrent par conteneurs de 40′ dans tous les ports du monde! Monsieur Ho est un représentant des autorités délicat, avec un grand coeur et un esprit ouvert. Au fil du voyage, nous sentons grandir son indignation face aux malheurs des gens exploités et aux conditions dans lesquelles ils vivent. Sa transformation est émouvante et son rôle de semeur d’espoir nous donne, à nous aussi, le droit d’espérer qu’un jour un vent de changement franchira les frontières de la Chine.
« Anticipant la tombée des premiers chiffres du grand recensement, il commençait à en esquisser le fil conducteur: disparité et pluralité formaient les grands axes de son exposé. La société chinoise, décomposée, éparpillée, nageait dans une contracdiction permanente. Il n’y avait pas dans son pays un pluriel, mais une floraison de pluriels, des pluriels de soi, des autres, des pluriels de vértiés. » (p.117)
Avec Monsieur Ho, nous franchissons les limites, les campagnes, les steppes de la Mongolie, mais aussi les âmes de ces chinois qui ne demandent pas mieux qu’un peu de liberté et de respect. Cet homme qui a toujours vécu dans l’ombre et dans un cadre bien déterminé prend son aise en notre compagnie et c’est ce qui rend le récit encore plus audacieux. L’auteur dépose quelques touches d’humour et quelques parcelles philosophiques de façon à rendre ses observations moins sévères et c’est probablement par cette attention que j’ai survécu aux restants du communisme!
Ce livre est une belle surprise et est un bon exemple que parfois, ce qui nous saute aux yeux dans les premiers chapitres, peut facilement s’estomper et laisser place à quelque chose de plus beau, plus profond.
Max Férandon est né en 1964 dans une jolie carte postale du centre de la France, un petit village du département de la Creuse. Il garde de son enfance un imaginaire poétique dont il s’inspire pour écrire ses histoires. Une première traversée de l’Atlantique, en 1988, l’amène au Québec, où il réside depuis et où il a pratiqué plusieurs métiers. Il vit aujourd’hui dans la Vieille Capitale. Monsieur Ho est son premier roman.


Ça donne le goût de le lire. Vraiment. Ça se peut que se soit un de ceux que je lirais à haute à Marc. Ou le donner à nos amis qui ont adopté une petite Chinois depuis plus d’un an déjà.
Encore une preuve que ça vaut la peine de persister dans nos lectures … parfois. Heureusement, que tu avais de bonnes raisons de le faire, sinon je ne serai pas à écrire ce commentaire !
Il y a de très bons extraits que Marc appréciera j’en suis certaine (et toi aussi bien entendu!).
J’avais été intéressé par ce livre en tant que Recrue, et avec ta critique je n’ai qu’encore plus envie de le lire! Faudra que je l’achète à mon retour au Québec!
Malheureusement, ma copie est dédicacée à mon chéri, je ne peux la faire circuler…