
Les retrouvailles
Très tôt, Hélène sent qu’elle aura à apprivoiser l’exil avant de
pouvoir retrouver son coin de terre natal, celui qui fait partie
intrinsèque de son être, la Gaspésie. Elle amorce des études à Québec
comme hygiéniste dentaire puis enchaîne un diplôme en musique, se
disant qu’elle pourra à la fois vivre de son travail et transmettre les
bases de son art à de jeunes enfants. Avant de retourner chez elle,
elle accepte de suivre un stage de trois mois à Vienne, qui fera
irrémédiablement basculer sa vie. Elle y rencontrera l’amour mais
réalisera aussi que, pour aller au bout de ses rêves, elle ne peut
choisir de s’installer sur le bord de la Baie des chaleurs. Elle signe
alors un étrange pacte avec son amoureux, négociant qu’après dix ans
passés à Vienne, ils reviendront s’installer au Québec. Bien sûr, la
vie n’étant jamais un long fleuve tranquille, elle aura à faire face à
plusieurs remises en question.
Dans ce premier roman rondement
mené, Julie Hubert nous fait voyager à Vienne la magnifique, à
Salzbourg, en Gaspésie (qu’on aura rarement perçu à travers un regard
d’une telle tendresse), mais aussi dans l’essence même de la
narratrice, tiraillée entre ses souvenirs, les paysages de sa jeunesse
et sa nouvelle vie qui la comble pourtant. Dans un style direct mais
néanmoins évocateur, l’auteure trace un portrait tout en subtilité des
premiers émois amoureux, des liens familiaux, de l’amitié, des
questionnements liés à l’exil. L’auteure a elle aussi vécu l’exil,
ayant épousé un Français et elle le raconte donc de l’intérieur, avec
lucidité, sans pathos, le déracinement permettant à la fois de
cristalliser les souvenirs mais de se propulser vers l’avant.
J’aurais
bien sûr aimé des descriptions musicales plus fouillées (la narratrice
étant pianiste) et j’ai rarement vu une couverture aussi kitsch mais
j’ai été néanmoins suffisamment séduite par le récit pour souhaiter
l’avaler presque d’un seul coup. En fermant le livre, je me sens
tiraillée entre une pulsion incontrôlable de m’acheter un billet
d’avion pour Vienne et le souhait de retourner en Gaspésie. La
puissance des descriptions…


Pour moi ce serait un billet d’avion ou un beau gros morceau de gâteau!!! Un livre qui me semble assez sympathique…
On peut dire, Lucie, que tu m’as donné le goût de le lire.
Par contre, je ne sais pas qu’est-ce qui va arriver dans ma vie si je le lis, déjà que je suis amoureuse de la Gaspésie par dessus la tête.
Un déménagement sera peut-être à considérer …
Jules: ha! ha! vraiment, celui de la couverture? On peut trouver mieux, non?
Venise: peut-être comme résidence secondaire?
Magnifique livre ! Je n’ai même pas pu attendre pour le savourer un peu .. je suis passée au travers en 2 jours …
En effet, il se dévore.
Quel beau cadeau à offrir ! J’ai particulièrement apprécié l’humour dans ce livre. Moi aussi je l’ai dévoré !