
Adieu, vert paradis
Un homme exilé prend la parole pour raconter l’histoire d’un enfant, celui qu’il a été, « dans un pays au climat béni des dieux où les arbres ne perdent jamais leurs feuilles ». La vie de cet enfant de 7 ans est subitement bouleversée par un acte dont il est témoin et qui a des répercussions graves sur lui et sur ses proches, dont le père dominant et violent, la mère si belle et énigmatique, le grand frère qui fait de la musculation et la petite bonne pauvre et soumise. Cet acte est la poussée sur le premier domino qui entraîne les suivants dans sa chute et contraint l’enfant à se refermer sur lui-même, à poser une série de gestes l’entraînant dans une spirale d’événements dont il peine à sortir et finalement à quitter le pays à l’âge de 20 ans.
Le livre comporte de belles descriptions de scènes de la vie quotidienne dans ce pays aux rues grouillantes de monde où se mélangent les langues et les cultures, jusqu’au sein même de la famille de l’enfant. Les liens du sang et la relation mère-fils sont particulièrement bien rendus tout comme la tension créée par la toute-puissance des mâles. Par contre, l’histoire comporte certaines longueurs, par exemple le fait que l’élément déclencheur se passe vers le milieu du livre : après une centaine de pages, je me demandais encore quel était ce fameux événement qui allait faire une coupure brutale dans la vie de cet enfant !
La narration à deux temps, le présent et le passé, permet au narrateur adulte d’apporter des précisions aux actes posés dans le passé ; ses interventions sont des bouffées d’air bénéfiques dans le climat touffu où se débat l’enfant. La musique en sourdine tout au long du roman allège l’omniprésence des sentiments de culpabilité et de honte, des non-dits, et du respect des croyances. La mort surtout, la mort physique mais aussi la fin d’une période, d’un état de choses, de la naïveté ou encore la disparition d’un espace naturel, n’épargne personne. Un beau livre, qui aurait gagné à être plus concis, mais qui réussit à nous happer.


Bonjour Catherine,
je serais curieuse de savoir qui a écrit l’article concernant le livre d’Alexandre Lazaridès… Suis tout à fait d’accord avec cette personne. Ce qui m’a surtout agacée, c’est le fait que l’auteur ne nomme ni les lieux ni les personnages. Connaissant l’Égypte, c’est très dérangeant d’autant que des indices parsèment constamment le roman.
Dans Ma page littéraire, je parle de ce roman sous le titre «Deux enfants en otage».
Agréable mercredi.
désolée, j’avais oublié d’indiquer mon nom! C’est Anick Arsenault.
bonne journée à vous aussi
quelle rare modestie !