Je compte les morts

Antoine Gravel, 37 ans, vient de perdre femme et enfant. Il tourne en rond dans sa maison de campagne avec ses problèmes ménagers, financiers et son cochon. C’est alors que Maggy Sullivan, superbe productrice, lui offre de rédiger un scénario réactualisant l’histoire de la jeune Maria Goretti, sainte patronne des martyrs. Payé grassement, il entre dans le jeu et fréquente assidument Pointe-Saint-Charles, où doit se dérouler l’action.

Il fait alors connaissance de la faune locale. Lucie qui tient le Café du Trèfle à quatre feuilles. Sa fille Laurie et son amie Jessica qui participent au film tourné dans le quartier par le beau Steve et sa compagne Annabelle-la-mauve, lesquels forment un couple parfait en apparence. Il y a aussi Martin Desmarais, l’ancien sergent-détective enquêteur qui traîne dans les bars de blues, le docteur Gilbert Doisneau qui s’occupe de soulager la misère dans le quartier, l’Ougandais Dany Coma qui est portier au bar de danseuses et puis le mari de Maggy, Frank Sullivan, pour qui l’intimidation, la violence et le meurtre forment les bases de sa vie.

Tous ces gens et d’autres seront liés à une série de meurtres. Le langage est cru, l’écriture est bien aiguisée, rendant parfaitement pénibles certaines descriptions de l’indicible. Il y a des fantasmes de cruauté, des sévices, de la folie et des excès de purification. Des abus : de confiances, de drogues, de sexe… On reste comme un animal hypnotisé devant les phares d’une voiture qui roule droit sur lui. Incapable de bouger, d’arrêter de lire, malgré le dégoût suscité par certaines scènes et par la psychologie tordue du meurtrier. Car bien sûr, l’histoire de Maria Goretti est universelle et intemporelle.

Un roman bien écrit, qui capte l’attention dès le départ, sans véritables longueurs. Bien que j’aie eu du plaisir à le lire, malgré le sujet hautement sensible et révoltant, je ne le recommanderai seulement qu’aux lecteurs qui ont le cœur bien accroché!

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