Passions nazies

C’est toujours délicat de parler d’un livre dont on a abandonné la lecture en cours de route. C’est mon cas avec ce premier roman de Dominike Audet. Ce titre m’a attiré en raison de sa thématique historique et le fait que le roman comporte près de 900 pages ne m’effrayait pas.

L’âme du Minotaure décrit les amours de Katharina, une jeune secrétaire berlinoise avec Reihnard Heydrich, un des hauts placés chez les SS. Le Minotaure, c’est lui. Homme à la poigne de fer, il est en charge de diriger la Tchécoslovaquie après l’invasion allemande. Il est aussi l’un des architectes de l’Holocauste. Katharina ne connaît pas les détails des fonctions d’Heydrich et tombe sous le charme de ce Janus : dirigeant sévère et rigide dans ses fonctions et amant doux et attentionné avec sa maîtresse.

La Seconde Guerre mondiale est une période qui m’intéresse et j’ai lu plusieurs livres sur le sujet : romans ou témoignages. Malgré tout, j’ai choisi d’arrêter ma lecture de L’âme du Minotaure à la moitié du livre. En effet, l’aspect historique qui m’avait attiré au départ est relégué au second plan au profit de l’histoire d’amour entre Katharina et Heydrich. Et celle-ci, bien que présentant une dynamique originale, transforme malheureusement le livre en roman à l’eau de rose. C’est un genre qui ne m’attire pas mais j’ai gardé un esprit ouvert malgré certains clichés inhérents au genre : Katharina est attirée par le mauvais garçon, elle a un meilleur ami avec qui elle entretient une relation platonique bien que celui-ci lui propose de l’épouser et la figure paternelle et bienveillante en la personne du bon Dr Karl se transfigure en ogre.

Mon insatisfaction est plutôt venue du côté de l’écriture. Le point m’ayant le plus agacé est que le roman comporte de nombreux dialogues inutiles. Les personnages se renvoient longuement la balle sans que cela apporte vraiment grand chose au lecteur. Par ailleurs, l’état d’esprit du personnage principal change souvent. J’ai plusieurs fois perdu mon souffle à suivre les montagnes russes des émotions qu’elle vivait. Le roman aurait sans doute gagné en intérêt, grâce à des dialogues moins nombreux, au service du récit, surtout que Dominike Audet possède une belle maîtrise de la langue française. J’aurais aimé lire plus de descriptions de sa part, comme elle a su le faire dans les chapitres à la 3e personne, de fait plus proches de mes attentes historiques. J’aurai au moins pu en apprendre plus sur un personnage historique peu recommandable grâce au souci de véracité historique de Dominike Audet.

Bibliographie
L’âme du Minotaure
Dominike Audet
VLB Éditeur, 2010
Roman, 880 p.

Site de l’éditeur : http://www.edvlb.com

1 Commentaire

  1. J’ai beaucoup aimé L’âme du minotaure, malgré ses quelques maladresses et longueurs. Dominike Audet possède une bonne maîtrise de l’écriture, étonnante pour un premier roman. Une auteure qui sera à suivre dans les prochaines années!

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