J’ai percé un trou dans ma tête

Dans sa toute dernière œuvre, la poète, artiste visuelle et désormais romancière Cynthia Girard explore l’univers intérieur de son personnage où vivent un scarabée, un dauphin rose, une souris magique ainsi que d’autres créatures oniriques. Ces derniers l’aideront à fuir sa tête où règne avec despotisme et cruauté sa mère l’araignée.

L’originalité de J’ai percé un trou dans ma tête se trouve probablement plus dans la forme que dans le contenu. Brisant avec ses contemporains, Cynthia Girard cherche dès les premières pages à imposer sa voix: « Dans ma tête, il y a un étang de matière grise où nagent des poissons rouges, il y a une araignée aussi, elle se cache sous la branche, elle est pernicieuse. L’araignée, c’est ma mère. Elle mange les poissons rouges les plus naïfs, les Narcisse en costume d’écailles et de branchies qui se contemplent dans le miroir de l’eau. »  Les mots sont là, comme un avertissement, nous sommes en terrain inconnu.

L’histoire relate donc cette quête hors de soi (ou en soi) de la narratrice qui prisonnière de sa tête et de ses habitants, tous du registre animalier. Girard explore avec audace une narration rappelant tantôt l’automatisme surréaliste, tantôt le poème et même le récit érotique. Parallèlement à cette plume imagée – on se rappellera que l’auteure est une artiste visuelle –, il faudra aussi souligner quelques errances psychédéliques de la narratrice, comme cette scène avec la tortue, la raie nymphomane et le poisson.

En dépit de l’effort déployé par son auteur pour défendre une vision personnelle et atypique du roman, J’ai percé un trou dans ma tête n’aura pas suffit pas à me convaincre, à stimuler autre chose que mon imagination. Les nombreuses scènes érotiques, qui semblent remplir les vides, indisposeront également un lecteur non averti. D’ailleurs, ces scènes, ou les allusions faites par l’auteur (« J’ai choisi une armée de pénis pour assassiner ma mère l’araignée »), n’ajoute strictement rien au livre si ce n’est de l’étirer un peu trop longuement.

Dans son ensemble, J’ai percé un trou dans ma tête a quand même le mérite d’être un livre au style et à l’univers particulier.

Bibliographie
J’ai percé un trou dans ma tête
Cynthia Girard
Éditions Héliotrope, 2010
111 p.

Site de l’auteure: http://www.cynthiagirard.ca
Site de l’éditeur : http://www.editionsheliotrope.com

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