
Suppôts de Satan
Difficile rupture amoureuse et décès de son père ; c’est dans un long voyage en Europe que Philippe a tenté d’oublier les malheurs qui le frappent. À son retour à Montréal, il surprend un groupe étrange qui semble avoir des intentions hostiles. C’est avec son ami Vlad, Serbe d’origine, qu’il mènera l’enquête et tentera d’élucider le mystère d’un groupe sectaire qui semble s’adonner à des pratiques sataniques.
J’ai pris un réel plaisir à me plonger dans ce roman pourtant à des milles de mes lectures habituelles. L’atmosphère glauque plonge le lecteur dans un univers métaphorique bicéphale. D’un côté du miroir, Montréal comme on la connaît, mais dans laquelle gigotent des gothiques étranges, manifestement regroupés au sein d’une secte satanique. De l’autre côté du miroir, Pandémonium Cité, un endroit entre le rêve et les enfers, dans lequel des créatures mythiques accompagnent Philippe dans sa quête.
Le style de David Bergeron est très dépouillé, terre-à-terre. Ses racines de poète pourraient faire craindre à certains lecteurs un phrasé ampoulé ou abstrait, mais nous en sommes très loin. Outre une atmosphère bien campée qui rappelle vaguement certains mythes, le plus réjouissant chez David Bergeron, c’est son humour. Le récit est parsemé de références très drôles à des réalités bien québécoises comme le Quartier des spectacles.
Mon bémol: l’histoire décolle un peu sur les chapeaux de roue. Il m’a semblé que Philippe et Vlad comprennent un peu trop vite à qui et à quoi ils ont affaire. Il y a dans cette histoire un fond d’inquiétante étrangeté qui aurait mérité d’être mieux exploité. Résultat : malgré un plaisir de lecture, le récit m’est apparu comme un jeu. J’ai d’ailleurs beaucoup pensé à certains univers immersifs de jeux vidéo. Mais peut-être était-ce l’objectif ? J’ai refermé le livre avec cette impression que le narrateur nous avait surtout traînés dans des mondes par procuration qu’on se crée, technologies aidant, faute de savoir confronter les nôtres.
Bibliographie
Pandémonium cité
David Bergeron
Coups de tête, 2011
144 p.
Site de l’éditeur : http://coupsdetete.com


Pour moi, ce roman n’aurait jamais dû être publié. C’est un fiasco littéraire.