Octobre 2011 – Y croire encore et toujours

La Recrue du mois amorce avec ce numéro sa quatrième année d’existence.  Certains considéreront peut-être le chiffre bien petit. Pourtant, dans un monde dans lequel blogues, webzines et fanzines naissent à la vitesse de l’éclair, mais meurent souvent presque aussi  rapidement, on peut parler ici de l’atteinte d’une certaine maturité. Un constat s’impose : la littérature québécoise se porte bien et les premières publications n’y font pas exception. On pourrait même parler d’une vitalité accrue, si l’on en croit le nombre de premiers romans et recueils de nouvelles à avoir réussi à trouver une (petite) place sur les tables des libraires cet automne. À ma grande joie, il y a quelques semaines, j’ai même pu constater que ma librairie indépendante préférée avait décidé de mettre le premier roman en évidence, grâce à un affichage ciblé, un geste qui m’a paru révélateur.

Ce numéro d’octobre démontre avec éloquence que les premières publications québécoises se veulent aussi protéiformes que la société de laquelle elles sont issues. Le sermon aux poissons de Patrice Lessard, notre recrue, prend le parti pris audacieux d’une narration de laquelle toute linéarité est exclue, qui nous fait voyager dans une Lisbonne presque mythique, aux dédales multiples, qui favorisent le voyage intérieur.

Dans la catégorie « repêchage », notre nouvelle collaboratrice Caroline Paquette se penche sur Arvida de Samuel Archibald, objet littéraire entre recueil de nouvelles et relecture de légendes ayant entouré la création de cette ville, une « très belle découverte » qui fait déjà parler d’elle dans les médias, tant traditionnels qu’électroniques. Dans Le souffle de Mamywata, Claude Grenier aborde un sujet peu exploité en littérature : la passion dévastatrice, cette fois racontée d’un point de vue masculin. Ici, l’homme – comme la chair – est faible. « Conte amoral, érotique et cruel », OSS d’Audrée Wilhelmy ne laisse pas lui non plus indifférent. « L’écriture d’Audrey Wilhelmy est contemporaine : affûtée comme un couteau et superbement délicate », résume Mylène Durand.

Depuis les débuts de la publication, nous aimons suivre nos recrues. Quand un premier roman séduit, intrigue, confronte, le lecteur a forcément hâte de découvrir le deuxième  opus d’un auteur dont la voix se raffermit. Nous amorçons donc avec plaisir une nouvelle chronique, « Deuxième roman », qui présente Parapluies de Christine Eddie, auteure des Carnets d’Eddy, notre coup de cœur de la saison 2008-2009, ont connu une belle carrière, tant ici qu’en Europe.

Bonne lecture à tous!

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