Parapluies

Les Carnets de Douglas, premier roman de Christine Eddie, a été pour moi un coup de cœur et je me demandais si j’allais retrouver le style que j’avais aimé. Je peux aujourd’hui l’affirmer, Christine Eddie a un style que j’aime, une prose toute en finesse, une telle habileté à me chuchoter à l’oreille les états d’âme de son personnage principal que j’en deviens son amie. Je me mets à l’écoute de ce qu’elle à dire et regarde attentivement ce qu’elle a à vivre.

Dans Parapluies, Béatrice, une traductrice au bonheur discret, vit depuis quinze ans avec son homme, Matteo. Elle est une femme capable de laisser un homme libre, qui supporte à chaque année le même désagrément, ce voyage traditionnel en Italie où la mamma n’en a que pour son fils unique, faisant complètement fi d’elle. Seul hic, elle désire un enfant, il se fait tirer l’oreille.

Mais est-ce une raison pour que son Matteo décide de partir sans laisser de traces ? L’homme qui, la veille encore, fêtait son anniversaire de naissance avec des amis, semble s’être évaporé. Où est-il ? A-t-il fui ? L’a-t-il abandonnée pour une autre femme ? Elle est prête à tout effacer, tout comprendre, en autant qu’il revienne. « Je lui aurais pardonné toutes les petites culottes rose pâle du monde s’il avait eu l’élégance de m’en glisser un mot ». Mais comment peut-il avoir aussi abandonné sa mère, qu’il a fait venir d’Italie afin qu’elle loge au rez-de-chaussée pour mieux prendre soin d’elle ?

Nous accompagnerons Béatrice pendant 34 jours de pluie pendant lesquels elle remettra tout en questions, même les réponses les plus sûres. Elle ira jusqu’à prendre soin de la mère bourrue et, le cœur battant, tremblera pour le sort d’une jeune Somalienne. Les circonstances feront qu’elle s’entourera d’un enfant troublé, ce qui me fait dire qu’en ouvrant son cœur, en se fragilisant, son sentiment maternel fleurira bon.

Ce roman se veut sans soubresauts mais est parcouru d’une intrigue psychologique soutenue. Je me suis bien posée quelques questions techniques sur la disparition de Matteo, et puis j’ai choisi de ne pas trop m’y attarder. Le style et l’humour en dentelle de l’auteur, à s’étouffer de sourire, m’a amplement suffi.

Bibliographie
Parapluies
Christine Eddie
Éditions Alto, 2011
208 p.

Site de l’éditeur : http://www.editionsalto.com

Laisser un commentaire

M’aviser des nouveaux commentaires publiés sur cet article par courriel