Perdido em Lisboa

Lâcher prise. Voilà ce que demande – sans le formaliser – Patrice Lessard dans son premier roman, Le sermon aux poissons.

Après y avoir passé plusieurs séjours avec sa petite amie Clara, Antoine décide de rester à Lisbonne pour de bon. Mais ce n’est pas le souhait de Clara, qui elle, rentre, sans lui, à Montréal.

Alternant le récit de la soirée suivant le départ de Clara, la journée du lendemain et des flash-back de ses précédents séjours à Lisbonne, Antoine nous promène dans la capitale portugaise et dans ses souvenirs.

Le récit est en apparence confus : les différents éléments s’entremêlent sans aucun marqueur temporel, mais rapidement un détail nous permet de nous resituer dans le temps. Cette confusion est amplifiée par l’absence de ponctuation de dialogue, ainsi que par toutes les femmes que désire Antoine, Clara, Sara, Serena, Susana, Lavinia. Tout cela n’est que le reflet de la confusion d’Antoine, perdu entre son amour pour Clara qui n’est possible qu’à Montréal, et son besoin d’être à Lisbonne où il pense se sentir bien. Perdu face à son désir pour toutes ses femmes alors que finalement, c’est seulement Clara qu’il désire à travers elles.

Mais malheureusement, toute cette confusion demande au lecteur de lâcher prise, d’accepter d’être perdu et cela n’est pas forcément évident. En tout cas, cela ne l’a pas été pour moi. J’ai vraiment dû faire un effort : accepter l’absence de ponctuation (j’aime la ponctuation, elle est pour moi vitale à la respiration d’un texte et je me suis donc sentie oppressée au début de ma lecture), accepter de me laisser guider dans Lisbonne sans connaître tous les noms de rue, sans comprendre le portugais (il y a des dialogues en portugais qui ne sont pas forcément tous traduits, ce qui est fait exprès, mais c’est un détail de plus à accepter en tant que lecteur), accepter de ne pas toujours savoir où l’on est, à quel moment, avec qui. Des efforts qui en rebuteront certains comme moi, mais qui plairont peut-être à d’autres. A vous de voir !

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