
Janvier 2012 – Mot de la rédactrice en chef
Les premiers ouvrages de fiction semblent se porter à merveille au Québec. Pas une semaine ne se passe sans qu’un éditeur annonce la sortie d’un premier roman, d’un recueil de nouvelles. Réaction à l’essoufflement perceptible de la littérature de l’Hexagone? Volonté d’ajouter sa voix à la contrepointe métissée qu’est devenue notre scène littéraire? De plus –enfin! –, les titres s’exportent plutôt bien. Ils garnissent certes les étagères de la Librairie du Québec à Paris, mais aussi celles de diverses librairies, des grandes surfaces aux commerces de quartier.
Le Festival du premier roman de Chambéry transmettait récemment sa liste officielle de présélection. Sur les 85 livres retenus, qui proviennent aussi bien de France ou de Belgique que de l’Afghanistan et de la Lybie, on retrouve cinq titres québécois (dont quatre ont été couverts par La Recrue du mois) : Je voudrais qu’on m’efface d’Anaïs Barbeau-Lavalette, Kuessipan de Naomi Fontaine, La réparation de Katia Gagnon, Thure de Thierry Leuzy et Vents salés de Joanne Rochette. Pendant une semaine, la ville de Savoie vit au rythme du premier roman, des lecteurs fervents se déplaçant en grand nombre pour prendre part à l’un ou l’autre des événements proposés. Ainsi, Olivia Tapiero, prix Robert-Cliche 2008, notre recrue en janvier 2010, comptait parmi les invités de l’édition 2011 du festival. Elle est revenue emballée par son expérience, ayant participé à des tables rondes, rencontré des jeunes des écoles de la région et échangé avec des écrivains italiens, allemands et francophones.
Le genre de la nouvelle est trop souvent boudé et c’est pourquoi nous vous proposons comme Recrue ce mois-ci L’amour au cinéma. « Avec ce recueil de nouvelles, Eveline Mailhot plonge dans l’intime sans s’embarrasser de cynisme, ni d’idées préconçues », avance notre collaboratrice Caroline Paquette. Je vous invite également à lire les réponses de l’auteure à notre questionnaire, des plus éclairantes. Elle y écrit notamment : « Même si je considère le foisonnement des langues dans une communauté comme une richesse incroyable, je pense que bien connaître sa langue est la première étape pour développer une pensée claire et indépendante, pour se situer dans sa société et, justement, pour mieux s’ouvrir aux autres cultures. »
Pour les longues soirées, nous vous proposons un large spectre de repêchages, des Caprices du sport, roman fragmenté dans lequel hockey, baseball et littérature font bon ménage, à En région arctique et ailleurs, dans lequel Nord du Québec et quête d’un amour impossible se juxtaposent.
Nous souhaitons également la bienvenue à Nicholas Dawson, auteur d’un premier recueil de poésie en 2010, La déposition des chemins, qui propose un regard de l’intérieur sur La victoire jamais obtenue de François Godin. Hélène Rioux revient quant à elle sur son premier livre, Suite pour un visage, paru en 1970, et le parcours qui l’a menée à sa tétralogie entamée en 2007, dont le troisième volet, Nuits blanches et jours de gloire, vient tout juste d’être lancé.

