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	<title>La Recrue du Mois</title>
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	<description>Vitrine des premières œuvres littéraires québécoises</description>
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		<title>Chaque automne j’ai envie de vivre</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 04:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique Mailloux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Véronique Côté et Steve Gagnon]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce qui fait un secret, c’est surtout notre choix de ne pas le révéler.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’étais à Québec en 2009 et j’ai pris part à certaines des activités de <em>Où tu vas quand tu dors en marchant…?</em> L’une des activités, <em>Jardins secrets</em>, se tenait au parc Lucien-Borne, où des lits avaient été installés. Sur chacun d’entre eux, des acteurs racontaient à de petits groupes toutes sortes de secrets tirés des confidences de plusieurs personnes. Malheureusement pour moi, pour cause de file trop longue et d’heure tardive, je n’ai pas pu y assister. Or, ce curieux spectacle a maintenant pris une autre forme en <em>Chaque automne, j’ai envie de mourir.</em></p>
<p>C’est donc avec délice que je me reprends aujourd’hui, plusieurs années plus tard, en lisant l’œuvre de Véronique Côté et Steve Gagnon. Je fus d’abord impressionnée par la quantité de secrets (37 en tout), par leur beauté et par leur diversité. À mon sens, les auteurs ont réussi un tour de magie que je ne m’explique pas : à la lecture, je n’avais pas l’impression qu’il y avait un seul ou deux auteurs, mais je n’avais pas non plus l’impression qu’il y en avait trente-sept. D’ailleurs, je n’arrive toujours pas à me décider sur l’hypothèse la plus plausible, bien que je connaisse déjà la réponse. En fait, Steve et Véronique ont réussi à créer une harmonie au sein de l’ouvrage tout en préservant l’unicité et la diversité des récits. Le style, très agréable, me fait surtout penser à une atmosphère que l’on retrouve dans certaines vieilles églises : un mélange de recueillement, de beauté et de grandeur qui nous impose naturellement un certain respect.</p>
<p>Plongeons maintenant au cœur de ces « secrets », qui ne m’ont pourtant pas paru si secrets. Ils m’ont plutôt semblé comme un apanage de morceaux en provenance directe du « dedans-intérieur » de chacun. La plupart des secrets étaient touchants, parce qu’ils parlent au fond de la manière de vivre et de voir la vie de chacun des auteurs; de leur manière de se voir, de voir les autres ou de voir les évènements autour. Des rêves, des fantasmes, des regrets ou des culpabilités, de vieux souvenirs, des obsessions, des particularités, des penchants, tout y passe. Parfois drôle, parfois triste, c’est un vrai safari, de l’univers de celle qui croit devoir se bâtir une image pour exister aux yeux des autres au monde de celui qui espère que son fils acceptera d’être responsable de son bonheur, en passant par les mondes du collectionneur compulsif, du mangeur de crottes de nez frustré et de l’amante tourmentée. Bienvenue dans l’univers intime, sacré et pas toujours joli de monsieur et madame tout le monde. Ce qui fait un secret, au fond, c’est notre choix de ne pas le révéler. Peut-être qu’au fond, ce choix de le cacher et la manière dont on le fait en révèlent plus sur nous que le secret en soi.</p>
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		<series:name><![CDATA[Mai 2012]]></series:name>
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		<title>Entre quatre yeux</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 04:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Caroline Paquette</dc:creator>
				<category><![CDATA[Véronique Côté et Steve Gagnon]]></category>

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		<description><![CDATA[Un recueil à la fois intimiste et inclusif.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce sont les secrets de gens anonymes qui ont inspiré le spectacle déambulatoire <em>Où tu vas quand tu dors en marchant…?</em><em>,</em><em> </em>dont le contenu a été immortalisé dans le recueil de Véronique Côté et Steve Gagnon. Créée à Québec en 2009, la promenade débutait avec le récit, par des acteurs, de ces courtes histoires, « dans un contexte de proximité et d’intimité, presque en catimini ». On ressent bien cette atmosphère intimiste à la lecture de <em>Chaque automne j’ai envie de mourir</em>. Marqué par un langage très oral, épousant la fébrilité, le malaise ou encore la franchise de celui qui se confie, le recueil s’ouvre sur la magnifique « Cabane ». Plus que la nostalgie de la maison de l’enfance, c’est le souvenir d’un joyeux chaos et de parents aimants (et s‘aimant) qui surgit dans ces lignes inaugurales : « La maison où j’ai grandi est comme une cabane dans un arbre, mais sans l’arbre. Elle est belle comme tout et quand on la regarde, on dirait qu’elle a poussé comme un champignon, avec des bosses partout et des petits airs de caravane, mais en beaucoup trop gros  et sans les roues. […] Les Japonais disent qu’une maison finie, c’est une maison morte. J’aimais mieux avant. Quand la maison était en vie. J’aimerais ça que mes parents reviennent ensemble, C’était eux, la maison. »</p>
<p>Dans une écriture simple et poétique, qui sied bien au projet, les auteurs racontent les obsessions et les angoisses de personnes de tous âges; les désirs et les rêves aussi, mais moins. On aurait voulu plus de lumière, comme celle qui fuse dans « Tsunami », le récit d’un coup de foudre, ou encore dans « Lapin », qui s’amorce ironiquement avec le titre, plutôt sombre, du recueil. Il aurait également été intéressant de voir différents niveaux de langage, différents styles, de façon à bien rendre la diversité des histoires et, ce faisant, la singularité de chacune.</p>
<p>On passe malgré tout un bon moment, se reconnaissant au passage dans ces récits très ancrés dans la vie. C’est en effet un livre dont on ne se sent jamais exclu, preuve que les auteurs ont réussi à recréer l’ambiance de ces « quelques soirées trop brèves » de mai…</p>
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		<series:name><![CDATA[Mai 2012]]></series:name>
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		<title>Touchant et le bouleversant</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 04:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Catherine Lavoie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Véronique Côté et Steve Gagnon]]></category>

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		<description><![CDATA[Savoureux malgré la confusion.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À la fin des années 1990, Paul Auster participait à une émission de radio pendant laquelle il invitait les auditeurs à lui envoyer des histoires, anecdotes et autres secrets. La contribution des auditeurs fut telle que le célèbre écrivain américain publiait dans <em>Je pensais que mon père était Dieu</em> quelques-unes des contributions les plus intéressantes.</p>
<p>La démarche ayant mené à la publication de <em>Chaque automne j’ai envie de mourir </em>est semblable. Les 37 histoires qui composent ce court recueil sont des confidences et bouts de vie partagés par des quidams, présentés lors d’un spectacle en 2009.</p>
<p>Ces textes gardent encore en eux ce petit quelque chose qui nous rappelle un peu trop cruellement qu’ils ont d’abord été lus avant d’être publiés. Ainsi, les « pis » et les « tsé » pullulent dans toutes les histoires. Si ces souvenirs d’enfance, petits fantasmes et confidences familiales font souvent sourire, touchent et bouleversent, on peut regretter qu’il y ait eu une si grande confusion entre langue parlée et langue écrite.</p>
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		<series:name><![CDATA[Mai 2012]]></series:name>
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		<title>Fixer l&#8217;éphémère</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 04:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anick Arsenault</dc:creator>
				<category><![CDATA[Véronique Côté et Steve Gagnon]]></category>

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		<description><![CDATA[L'art de sublimer nos travers.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce livre aurait pu  être un échec. C&#8217;est un vrai défi que de présenter à l&#8217;écrit des textes créés  pour être dits, chuchotés, murmurés en confidence de bouche a oreille. Les fixer  sur une page, enfermés sous une couverture aurait pu leur faire perdre de leur  puissance. Et pourtant, ce livre est une belle réussite, une courtepointe de  petites curiosités qui semblent indépendantes, anodines, mais qui finissent par  former un tout bouleversant. J&#8217;ai adoré.</p>
<p>Des révélations  glanées auprès de la population servent d&#8217;inspiration a Véronique Côté et Steve  Gagnon, qui les ont ensuite transformées en courts textes devant être confiés au  public lors du Carrefour international de théâtre de Québec en 2009 et 2010 dans  un tableau intitulé <em>Jardins secrets</em>. Ces confidences, réunies ici,  forment <em>Chaque automne j&#8217;ai envie de mourir.</em></p>
<p>Ces fragments  parlent des relations humaines, amoureuses, familiales, de manies, d&#8217;échecs, de  peurs, de fantasmes, de souhaits. Ces 37 textes, résumés en un seul mot et  présentés en ordre alphabétique, sont touchants. Tous. Car ils sont empreints  d&#8217;une grande humanité, terriblement émouvante. La langue utilisée dans le livre  est familière, près de l&#8217;oral; elle tend à rendre ces confessions réalistes,  comme si un ami nous les confiait dans un élan de sincérité et de vulnérabilité.  Ou comme un monologue intérieur.</p>
<p>Les secrets contenus  dans <em>Chaque automne j&#8217;ai envie de mourir</em> sont déconcertants, perturbants,  attendrissants. Maintenant que je les ai lus, j&#8217;aimerais bien que quelqu&#8217;un me  les murmure à l&#8217;oreille&#8230; J&#8217;aurais l&#8217;effet de surprise en moins, mais le  partage en plus.</p>
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		<series:name><![CDATA[Mai 2012]]></series:name>
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		<title>Véronique Côté et Steve Gagnon &#8211; Chaque automne, j&#8217;ai envie de mourir</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 04:00:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>webmestre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Véronique Côté et Steve Gagnon]]></category>

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		<description><![CDATA[Ils sont tous deux diplômés du Conservatoire d'art dramatique de Québec et comédiens.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4><a href="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/04/veronique_steve.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-4528" title="veronique_steve" src="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/04/veronique_steve.jpg" alt="" width="320" height="240" /></a>Les auteurs</h4>
<p>Véronique Côté, qui a étudié au Conservatoire d&#8217;art dramatique de Québec, est comédienne et metteure en scène. Elle a la chance de jouer de beaux rôles à Québec ou en Europe et de mettre en scène des spectacles qui lui font battre le coeur.</p>
<p>Originaire du Saguenay, Steve Gagnon est diplômé du Conservatoire d&#8217;art dramatique de Québec en interprétation. Comédien et auteur, sa pièce <em>La montagne rouge (SANG) </em>(L&#8217;instant même, 2010) a reçu la bourse Première oeuvre en 2008 et a été finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général en 2011.</p>
<p style="text-align: right;">[<em>Site de l'éditeur</em>]</p>
<p style="display: block; margin-top: -40px;"><em>Crédit photo Steve Gagnon</em> : France Larochelle<br />
<em> Crédit photo Véronique Côté</em> : Maude Chauvin</p>
<h4 style="margin-top: 20px;">Chaque automne, j&#8217;ai envie de mourir</h4>
<p><em><a href="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/05/chaque_automne.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-4538" title="chaque_automne" src="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/05/chaque_automne-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a>«Mais moi on dirait que j&#8217;ai pas signé de contrat, je me rappelle pas d&#8217;avoir signé ça là, un contrat de gentillesse sociale, pis je me dis que, qu&#8217;on se connaisse ou pas, on se parle des fois quand ça nous adonne, pis d&#8217;autres fois on se</em> <em>parle pas parce que ça nous tente pas cette fois-là, pis y pourrait comme pas avoir de problème, on pourrait arrêter de se poser des questions pis de se sentir coupable. Pis ça se peut aussi de juste sourire, on sous-estime je trouve les sourires, mais c&#8217;est simple, c&#8217;est rapide, c&#8217;est sobre mais en même temps très chaleureux, ça veut dire ce que ça a à dire.»</em></p>
<p><em>Chaque automne j&#8217;ai envie de mourir</em> se dresse comme une petite statue bricolée, élevée au milieu de la ville à la mémoire de tout ce qui brille au fond des gens. C&#8217;est un hommage fragile à des beautés invisibles à l&#8217;oeil nu; le ridicule qui ne nous a pas tués, l&#8217;enfance perdue, les tremblements, l&#8217;attente, l&#8217;amour et le temps.</p>
<p>À travers ces trente-sept secrets qui nous sont confiés, Véronique Côté et Steve Gagnon nous offrent une langue brute et colorée ­derrière laquelle se cachent toute la force et la fragilité du monde.</p>
<p>[<em>Site de l'éditeur</em>]</p>
<h4>Revue de presse</h4>
<p>Josée Lapointe de <em>La Presse </em>décerne 4 étoiles au roman : « Les livres qui prennent aux tripes sont plus rares qu&#8217;on le pense. <em>Chaque automne j&#8217;ai envie de mourir</em> en est un. »<br />
<a href="http://www.lapresse.ca/arts/livres/critiques-de-livres/201203/09/01-4503920-chaque-automne-au-coeur-de-lhumain-.php">http://www.lapresse.ca/arts/livres/critiques-de-livres/201203/09/01-4503920-chaque-automne-au-coeur-de-lhumain-.php</a></p>
<p>Sur <em>Bible Urbaine</em>, Evelyne Ferron aussi a accordé 4 étoiles au titre : « Ce livre n’est pas un roman; il ne présente pas non plus de nouvelles. C’est une porte qu’on ouvre lorsqu’on en a envie et qu’on peut refermer lorsqu’on y est forcé. Il n’y a pas de suite, il n’y a pas de fin. Que des secrets… »<br />
<a href="http://labibleurbaine.com/wp/?p=4670">http://labibleurbaine.com/wp/?p=4670</a></p>
<p>Une autre mention  4 étoiles de la part de la Bouquineuse boulimique : « C’est avec ravissement que j’ai lu Chaque automne j’ai envie de mourir. »</p>
<p>Yannick Ollassa de <em>Côté blogue</em> a lui aussi beaucoup aimé : « C’est avec ravissement que j’ai lu Chaque automne j’ai envie de mourir. De prime abord, on croirait qu’on sera plongé dans un lent et lancinant désespoir. On est rapidement détrompé. »<br />
<a href="http://www.coteblogue.ca/articles/chaque-automne-jai-envie-de-mourir/">http://www.coteblogue.ca/articles/chaque-automne-jai-envie-de-mourir/</a></p>
<p><em>Info Culture</em> a apprécié la multiplicité des genres : « Elles sont toutes très différentes par leurs propos, mais semblables par leur forte charge émotive et leur vive sensibilité. On ne peut qu’être charmé et touché profondément par ces humanités bouleversantes et hymnes à la vie éclatants. »<br />
<a href="http://info-culture.biz/2012/03/16/chaque-automne-jai-envie-de-mourir/">http://info-culture.biz/2012/03/16/chaque-automne-jai-envie-de-mourir/</a></p>
<p>Une entrevue avec les deux auteurs parus dans<em> Le Soleil</em>.<br />
<a href="http://www.lapresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/theatre/201203/01/01-4501531-veronique-cote-et-steve-gagnon-confidence-pour-confidence.php">http://www.lapresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/theatre/201203/01/01-4501531-veronique-cote-et-steve-gagnon-confidence-pour-confidence.php</a></p>
<h4><strong>Bibliographie</strong><strong> </strong></h4>
<p><em>Chaque automne, j&#8217;ai envie de mourir</em><br />
Véronique Côté et Steve Gagnon<br />
Septentrion, Collection Hamac, 2012<br />
200 pages</p>
<p>Site de l&#8217;éditeur : <a href="http://www.septentrion.qc.ca/catalogue/livre.asp?id=3424">http://www.septentrion.qc.ca</a></p>
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		<series:name><![CDATA[Mai 2012]]></series:name>
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		<title>La romance des ogres</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 04:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Venise Landry</dc:creator>
				<category><![CDATA[Repêchage]]></category>

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		<description><![CDATA[Audacieux premier roman, un défi de difficulté relevé avec brio!]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/05/romance_ogres.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4524" title="romance_ogres" src="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/05/romance_ogres-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a>Comment rendre avec justesse un roman qui se déploie généreusement (491 p), assez audacieux pour voguer du passé au présent, de la réalité à la fiction et ce, y intercalant correspondance, fable et roman ? En constatant qu’un des personnages centraux était une écrivaine, j’appréhendais ma lecture, pour la surabondance de premiers romans développant ce thème.</p>
<p>Quelle agréable surprise ce fut alors d’être happée malgré, mais peut-être grâce, à certains égarements qui entretenaient mon qui-vive. Persistait la sensation d’errer sous les toits de chambres sombres, d’où l’on ne discerne pas les pourtours du pouvoir que l’amour peut générer sur l’autre.</p>
<p>Il y a bien ce Simon et cette Noémie, deux inconnus au départ, qui  se rencontrent en terre étrangère, le Japon, détaillés parce qu’exposés à la clarté de néons de restos et de couloirs d’hôtel. Une étincelle surgit entre leurs vies, mises entre parenthèses, mais le passé de Simon s’interpose. Une part de ce passé, qui tient dans une main a la forme du roman de l’écrivaine de renom Ellen Cleary, <em>Un théâtre de marionnettes</em>. Très jeune homme, il a vécu une histoire tortueuse avec cette femme, que l’on peut sans peine traiter d’ogresse.</p>
<p>Cet amour dévorant m’a interpelée au point où je brûlais d’enfiler l’histoire d’une traite, mais l’auteur aime faire languir, joue avec les ficelles des histoires et du temps. Et c’est un art qu’il maîtrise ! Cette grande dame de l’écriture, en surface, n’est qu’une écrivaine à succès, mais les coulisses de sa vie sont fascinantes. C’est par Simon, qui y a joué un rôle primordial pour lui (mais  combien importante pour elle ?) qu’on y a accès.</p>
<p>Une fable s’insère également, écrite par Ellen Cleary ; je la prenais sans en faire grand cas, une épice piquante relevant le degré d’anxiété. La crise de couple que vit Samuel, médecin chercheur et père, s’intercale régulièrement, mais nous resterons sur notre faim jusqu’à la fin. Ce n’était peut-être pas l’essentiel du propos mais le lien entre son passé et ce présent aurait pu être clarifié.</p>
<p>Stéphane Choquette a tiré plusieurs ficelles et je salue encore sa hardiesse. Son roman m’a transformée en ogresse voulant avaler l’histoire d’une seule bouchée, prenant le risque de m’étouffer, tellement mon plaisir était grand.</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p><em>La romance des ogres</em></p>
<p>Stéphane Choquette</p>
<p>Québec-Amérique, 2012</p>
<p>491 pages</p>
<p>Site de l&#8217;éditeur : <a href="http://www.quebec-amerique.com/livre-details.php?id=1655">http://www.quebec-amerique.com</a></p>
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		<series:name><![CDATA[Mai 2012]]></series:name>
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		<item>
		<title>Quand j’en aurai fini avec toi</title>
		<link>http://larecrue.net/2012/05/quand-j%e2%80%99en-aurai-fini-avec-toi/</link>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 04:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Venise Landry</dc:creator>
				<category><![CDATA[Repêchage]]></category>

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		<description><![CDATA[Une partie d’échec se joue entre les murs d’un département de recherche ; la reine gagnera-t-elle ou ses pions ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/05/aurai_fini_avec_toi.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4521" title="aurai_fini_avec_toi" src="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/05/aurai_fini_avec_toi-202x300.jpg" alt="" width="202" height="300" /></a>Dans ce roman qui se veut le premier d’une série, le projecteur éclaire les jeux de pouvoir dans les couloirs d’une université. Des étudiants en fin de parcours, en rédaction de mémoire sont en scène. On y découvre les ficelles de la manipulation, dont une marionnette articulée par la chef du département des matériaux, une étudiante particulièrement brillante qui fait une découverte importante. Sa supérieure immédiate, Claire Laniel, mue par un moteur puissant, l’ambition, semble de ce genre de femme avec une roche à la place du cœur. Une rumeur persiste à l’université qu’elle est le diable en personne et tous, sans exception, ont une dent contre elle.</p>
<p>Une partie de pouvoir se jouera sur l’échiquier du département des matériaux. Les collègues de travail de Claire Laniel préparent un coup, la bibliothécaire du département est de la partie, l’étudiante Monica, un pion important. Quant à la reine, sa réputation diabolique devance chacun de ses déplacements sur la planche du jeu.</p>
<p>« Huis clos haletant sur les dessous de la vie universitaire », peut-on lire sur la quatrième de couverture. Sans m’attendre à une séquestration, je me préparais à ressentir un certain étouffement entre les murs de l’université, quand en fait, je n’ai ressenti rien de tel. L’action tourne autour de la vie universitaire mais fait de nombreux allers et retours sur la vie privée de Monica, via son frère et grand-père, et de Claire Laniel, via sa belle-sœur qu’elle déteste.</p>
<p>Cette Claire Laniel, le cœur de l’histoire, se présente des pieds à la tête uniformément colorée « noir foncé ». Le lecteur sait d’avance qu’elle va toujours choisir le plus diabolique des plans. Je conçois que certains lecteurs aiment ce genre de personnages quasiment caricaturaux mais, personnellement, je les préfère plus nuancés. Ce qui fait que j’ai manqué le coche, faisant mentir la quatrième de couverture qui nous assure que nous prendrons plaisir à la haïr. J’ai laissé les personnages du roman l’haïr à ma place, ce qu’ils font très bien d’ailleurs. Peut-être parce que sa méchanceté m’est apparue un peu désincarnée, j’ai fini par me demander, comment était-il possible qu’elle occupe depuis aussi longtemps un poste d’autorité ? Certains êtres beaux ont un ascendant naturel chez les gens, et peut-être que l’auteur en la disant très belle comptait sur cette donnée, mais c’est plutôt sa sévérité qui est mise de l’avant dans les descriptions de sa personne.</p>
<p>J’ai cependant vu grandir, page après page, mon espoir de la voir acculée au mur. Le cas de Monica, personnage plus nuancé m’a tenue à cœur. Le suspense tient la route, même si j’ai trouvé certains hasards un peu tirés par les cheveux.</p>
<p>Peut-être que le tome deux saura approfondir les personnages et me convaincre avec plus d’éclat.</p>
<p><strong>Bibliographie</strong><br />
<em>Quand j’en aurai fini avec toi</em><br />
Jean-Philippe Bernié<br />
Éditions La Courte Échelle, Collection adulte, 2012<br />
200 pages</p>
<p>Site de l&#8217;éditeur : <a href="http://www.courteechelle.com/quand-jen-aurai-fini-avec-toi">http://www.courteechelle.com</a></p>
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		<series:name><![CDATA[Mai 2012]]></series:name>
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		<title>L’épingle à chapeau</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 04:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>webmestre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Repêchage]]></category>

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		<description><![CDATA[Une suite de récits plutôt qu’un roman.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/05/epingle.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4513" title="epingle" src="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/05/epingle-169x300.jpg" alt="" width="169" height="300" /></a>On se demande dès les premières pages quelles raisons a poussé l’éditeur à écrire <em>roman</em> plutôt que <em>récits </em>sur la couverture. Serait-ce parce que le mot <em>roman</em> est plus attirant pour un lecteur potentiel? Et pourtant, le mot <em>récits</em> pour désigner <em>L’épingle à chapeau</em>, la première publication de Michèle Constantineau, me semble plus appropriée et n’enlève rien à ce fort joli livre qui fera sourire les lecteurs qui voudront bien partager certains épisodes vécus par Simone au cours de sa longue vie.</p>
<p>Si la plume est habile, la construction l’est beaucoup moins. Ce n’est pas parce qu’on ne veut pas (volontairement?) écrire une histoire de façon chronologique qu’il faille pour cela nous donner à lire deux ou trois fois un même détail sur certains personnages. Quand l’auteur fait court, le lecteur n’a pas le temps d’oublier ce qu’il a déjà lu plus tôt. Et ces répétitions assez nombreuses peuvent être agaçantes, voire très agaçantes, même si Michèle Constantineau a un véritable talent de conteuse et qu’il se déploie ici avec sensibilité et sens des images.</p>
<p>Je demeure donc hésitante à affirmer qu’il s’agit là d’un très bon livre, malgré l’enthousiasme évident de certains critiques. Je ne peux en dire autant. Et pourtant, dès les premières pages, j’ai véritablement été conquise par certaines scènes, par le regard allumé d’une petite fille sur les choses de la vie. C’est plus loin que cela s’est gâté, au fil des répétitions, alors que Simone a pris moins de place au profit d’autres personnages beaucoup moins intéressants qu’elle.</p>
<p>« De grande amoureuse, elle était devenue grande démêleuse, se nouant le cœur à dénouer le fil de laine qu&#8217;elle n&#8217;arrivait plus à tricoter », écrit l’auteure pour décrire ce qu’est devenue la vie de Simone avec l’âge et le poids des années, alors que ses yeux brillants et pétillants de petite fille (presque) sage se sont éteints.</p>
<p><em>L’épingle à chapeau</em> se veut donc une jolie suite de récits qui met en scène une époque qui n’est plus avec des images qui rappelleront à ceux qui l’ont vécue les leurs, qui ne sont peut-être pas si différentes de celles qu’on trouve ici et qui, j’en suis certaine, les feront sourire.</p>
<p><strong>Bibliographie</strong><br />
<em>L’épingle à chapeau</em><br />
Michèle Constantineau<br />
Pleine lune, 2012<br />
112 pages</p>
<p>Site de l&#8217;éditeur : <a href="http://www.pleinelune.qc.ca/cgi/pl.cgi?titre=L'%C9pingle%20%E0%20chapeau">http://www.pleinelune.qc.ca</a></p>
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		<series:name><![CDATA[Mai 2012]]></series:name>
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		<title>Au beau milieu, la fin</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 04:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christine Champagne</dc:creator>
				<category><![CDATA[Repêchage]]></category>

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		<description><![CDATA[Un regard sans fard sur l’âge qui vous tombe dessus sans crier gare.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/05/beau_milieu_la_fin.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4509" title="beau_milieu_la_fin" src="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/05/beau_milieu_la_fin-192x300.jpg" alt="" width="192" height="300" /></a>Denise Boucher, dont la réputation n’est plus à faire depuis <em>Les fées ont soif</em>, ne s’était jamais adonnée au roman, privilégiant la poésie et la correspondance depuis sa grande entrée dans le monde de la dramaturgie. Elle signe donc son premier roman, à presque 80 ans.</p>
<p>Et tout un roman! Drôle, attendrissant, pas du tout politiquement correct, dans lequel la narratrice découvre, en rentrant d’Italie, que son appartement sous-loué en son absence est dans un tel état qu’elle se met à pleurer, en réalisant que la vieillesse vient de s’immiscer dans sa vie alors qu’elle n’avait jamais pensé à elle, et surtout pas à la préparer, car vivre est plus excitant que vieillir. N’importe quel professeur de taï chi vous le dira. Le sien, aussi.</p>
<p>La narratrice doit donc faire face à cette nouvelle donne imprévue. Elle marche moins vite, mais bon cela peut encore aller. Elle a des tonnes de bobos, des nouveaux en plus des anciens. Et puis? Cela ne doit pas l’empêcher de vivre dans la démesure, les projets et les rêves. Car l’adolescente qui sommeille en elle n’a jamais accepté de quitter son corps.</p>
<p>C’est donc pour contrer cet âge qu’elle rejette s‘il est synonyme de s’asseoir sur une chaise et attendre la mort que la narratrice imaginée par Denise Boucher s’ébroue et court en tous sens, écoutant l’une, aidant l’autre, tout en ne perdant pas de vue qu’elle doit aussi penser à elle-même de temps en temps. Pas question donc de bouder la cigarette : elle ne l’a pas tuée encore.</p>
<p>Et puis, pas question de se bercer non plus. Elle laisse ça aux autres. Ce qui donne un roman que d’aucuns taxeront de démesuré parce qu’ils ne veulent surtout pas savoir que vieillir ne signifie pas mourir. Parce qu’ils préfèrent imaginer que les vieux s’offrent de plus un joint de temps en temps et qu’il reste encore des rêves à leurs souliers. Au fond, cela les rassure de les mettre tous dans le même panier.</p>
<p>Mais Adèle n’a pas l’intention de joindre les rangs des vieux. Cinquante lettres adressées à sa sœur vous prouveront que Denise Boucher possède encore cette plume alerte et ce regard vif qu’elle a toujours eus. En fait, le livre fermé, il ne reste en tête qu’une seule question. Pourquoi a-t-elle attendu aussi longtemps pour écrire de la fiction?</p>
<p><strong>Bibliographie</strong><br />
<em>Au beau milieu, la fin</em><br />
Denise Boucher<br />
Leméac, 2012<br />
157 pages</p>
<p>Site de l&#8217;éditeur : <a href="http://www.lemeac.com/">http://www.lemeac.com</a></p>
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		<series:name><![CDATA[Mai 2012]]></series:name>
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		<title>Mémoires d’une enfant manquée</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 04:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christine Champagne</dc:creator>
				<category><![CDATA[Repêchage]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour qui n’a pas peur de l’invraisemblable.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/05/memoires_enfant_manquee.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4505" title="memoires_enfant_manquee" src="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/05/memoires_enfant_manquee-187x300.jpg" alt="" width="187" height="300" /></a>Avant d’ouvrir <em>Mémoires d’une enfant gâtée</em> de Brigitte Pilote, il vaut mieux que vous attachiez tout de suite vos tuques, parce que tout va défiler à la vitesse grand V pendant 160 pages.</p>
<p>Jeanne, la narratrice, n’a pas froid aux yeux et veut laisser sa marque à tout prix. Après tout, elle a les mêmes initiales que Jésus-Christ et Jacques Cartier. C’est bien assez pour être convaincue qu’elle a un grand rôle à jouer. Enfin, c’est ce qu’elle croit, comme elle croit aussi qu’elle n’est pas une petite fille, mais une adulte dans un corps d’enfant puisqu’elle se comporte comme une adulte, a un raisonnement plus aiguisé et plus mûr qu’en ont un les adultes de son entourage, et qu’elle semble savoir où elle va alors que son propre univers est en pleine perdition.</p>
<p>Brigitte Pilote a créé une héroïne qui vous décoiffera avec ses analyses, ses remarques à l’emporte-pièce et sa vitesse d’exécution. Jeanne, alors qu’elle n’a que huit ans environ, va de plus vous bousculer un peu en faisant d’un certain Henry M. qui n’a rien à voir avec Montherlant un héros parce qu’il a vécu l’enfer des camps de concentration et qu’il a voulu consacrer sa vie à aider les femmes à assumer leur choix.</p>
<p>Vraisemblable? Sûrement pas! On n’est pas ici à une exagération près. Tout dépasse le possible et devient caricatural. Du vrai délire, un délire qui glisse, que dis-je qui dérape totalement quand Brigitte Pilote déplace ses personnages dans une commune où parents et enfants vivent chacun de leur côté, ces derniers, privés de crayons, recevant pour toute éducation des phrases tirées de la Bhagavad-Gītā. Mais ça en valait la chandelle. Jeanne va devenir célèbre : un homme à la caméra d’or s’intéressera à son cas.</p>
<p>Si vous avez tenu le coup jusqu’ici, n’avez pas perdu le souffle dans la descente des montagnes russes de ce que je vous ai relaté des <em>Mémoires d’une enfant manquée</em> ni votre tuque au passage, ce livre est pour vous. Moi, j’ai eu un peu de mal avec l’exagération et l’invraisemblance.</p>
<p><strong>Bibliographie</strong><br />
<em>Mémoires d’une enfant manquée</em><br />
Brigitte Pilote<br />
Stanké, 2012<br />
160 pages</p>
<p>Site de l&#8217;éditeur : <a href="http://www.edstanke.com/Memoires-enfant-manquee/Brigitte-Pilote/livre/9782760410602">http://www.edstanke.com</a></p>
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		<series:name><![CDATA[Mai 2012]]></series:name>
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		<title>Sainte Flanelle, gagnez pour nous!</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 04:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Caroline Verstaen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Repêchage]]></category>

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		<description><![CDATA[Un premier roman maladroit à mon goût, mais porté par une sincère et véritable passion pour le hockey.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/04/sainte_flanelle.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4488" title="sainte_flanelle" src="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/04/sainte_flanelle-197x300.jpg" alt="" width="197" height="300" /></a>« Je suis né avec le gène bleu-blanc-rouge, au grand dam de ma mère. J’en veux pour preuve le sang tricolore qui circule dans mes veines et en confond plus d’un. Ce gène a guidé mes pas durant toute mon existence et j’ignore ce qu’aurait été ma vie si le hockey n’y avait occupé une place aussi prépondérante. »</em> C’est le hockey en général, mais plus particulièrement, <a href="http://canadiens.nhl.com/" target="_blank">les Canadiens</a>, l’équipe de Montréal, qui porte Clément pendant les 30 premières années de sa vie qui nous sont contées dans ce premier roman de Claude Dionne. Clément partage sa passion pour le bleu-blanc-rouge avec un père aimant, mais cela ne suffit pas à combler le manque d’amour maternel. Une mère qui rêve de le voir prendre l’habit et n’accepte pas sa passion pour les Canadiens. Lorsque son père décède, sa mère le place dans un orphelinat. Là-bas, il peut enfin pleinement vivre son amour des Canadiens, en compagnie des frères de l’institution et de ses camarades. Une période heureuse, mais qui est remise en cause lorsqu’il reçoit en héritage une statuette lui révélant un secret.</p>
<p>Cette histoire d’un enfant devenu homme – il rencontre la femme de sa vie, devient professeur de français et a deux enfants – est rythmée par la coupe Stanley, qui récompense, au printemps, le vainqueur des séries éliminatoires. <em>« Si une hirondelle ne faisait pas toujours le printemps, une rondelle, quant à elle, le faisait à coup sûr. »</em> Mais cet homme a toujours ce secret, pesant, auquel est associé un fol espoir. Un secret qui explique sûrement ce qu’il ressent, une fois devenu adulte : <em>« J’avais un corps d’homme chapeauté par une tête d’enfant. »</em> Qui explique sûrement ce côté excessif qui m’a empêchée de ressentir de l’empathie pour Clément. Ou est-ce plutôt la maladresse que j’ai trouvée à la fois dans la forme (notamment à travers l’emploi de mots vieillis, peu utilisés) et dans le fond (des scènes peu naturelles, des enchaînements d’idées et de situations souvent confus) ? Sûrement un peu de tout cela. Mais la passion de Clément – et celle de l’auteur – pour le hockey est très vivace et m’a permis d’apprendre plein de choses. Notamment l’explication du <em>« Go Habs Go! »</em> que j’ai eu moi-même l’occasion de scander à Montréal. Si vous aussi, vous voulez la connaître, il ne vous reste plus qu’à lire ce roman.</p>
<p><strong>Bibliographie</strong><br />
<em>Sainte Flanelle, gagnez pour nous!</em><br />
Claude Dionne<br />
VLB éditeur, 2012<br />
278 pages</p>
<p>Site de l&#8217;éditeur : <a href="http://www.edvlb.com/Sainte-Flanelle-gagnez-pour-/Claude-Dionne/livre/9782896493524">http://www.edvlb.com</a></p>
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		<series:name><![CDATA[Mai 2012]]></series:name>
	</item>
		<item>
		<title>Rose Brouillard, le film</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 04:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Guillaume</dc:creator>
				<category><![CDATA[Deuxième roman]]></category>

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		<description><![CDATA[Même sous la pluie, même sous le parapluie, c’est à sourire.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2011/10/rose_brouillard1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4517" title="rose_brouillard" src="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2011/10/rose_brouillard1-187x300.jpg" alt="" width="187" height="300" /></a>Dans  la catégorie suivi de recrue, voici <em>Rose Brouillard, le film</em>, deuxième  roman de <a href="/2010/10/jean-francois-caron-nos-echoueries/">Jean-François Caron</a>, notre  recrue d’octobre 2010 avec son <em>Nos échoueries</em>.</p>
<p>Une  jeune femme nommée Dorothée est mandatée par l’office de tourisme de  Sainte-Marée-de-l’Incantation, une bourgade du Bas-Saint-Laurent, pour retrouver  une certaine Rose Brouillard. Cette femme âgée est la fille du veilleur, homme  taciturne qui vivait sur une île au milieu de fleuve et dont le rôle consistait  à sauver marins et bateaux des eaux tumultueuses du Saint-Laurent. Dorothée doit  filmer son témoignage pour que les touristes fassent connaissance avec le  patrimoine historique de Sainte-Marée.Ce  roman à plusieurs voix possède des airs de théâtre. À chaque fois qu’un des  personnages prend la parole, une courte introduction nous explique qui il est et  dans quel contexte il participe au récit. J’ai pris plaisir à ce petit jeu qui  nous fait découvrir les différentes facettes de cette histoire. C’est d’autant  plus important que les apparences sont parfois trompeuses : la supercherie n’est  pas loin ! Les indices livrés parcimonieusement au fil du récit font de <em>Rose  Brouillard le film</em> un livre dont on tourne les pages avec  intérêt.</p>
<p><em>Rose  Brouillard le film</em> est un roman sur la mémoire, qui peut se perdre ou se  déformer. D’un côté, aussi fragile qu’elle soit, la mémoire reste bien ancrée  chez les individus. Par opposition, la mémoire collective peut se métamorphoser  au gré des intérêts.</p>
<p>En  toile de fond du roman se situe la vie insulaire et ses drames. La solitude peut  être difficile à vivre et la nature, sans cesse présente, rappellent la  fragilité de l’existence. Sur une île entourée de hauts fonds, balayée par les  vents et les vagues, la soumission aux éléments est totale et peut donner à  cette île des allures de prison. Cette description de la fragilité de l’homme  face à la nature est particulièrement réussie par Jean-François Caron. C’est  avec regret et habité par les personnages et leur histoire que j’ai refermé ce  roman aux allures de conte.</p>
<p>Notons  que l’auteur se permet des petits clin d’oeil. D’abord à Sainte-Euphrasie, le  village où se passe son premier roman. Mais il fait aussi référence à un certain  Caron, écrivain de son métier, qui possède un talent certain pour affabuler.  Quand réalité et fiction se rejoignent&#8230;</p>
<p><strong>Bibliographie</strong><br />
<em>Rose Brouillard, le film</em><br />
Jean-François Caron<br />
La peuplade, 2012<br />
246 pages</p>
<p>Site de l&#8217;éditeur : <a href="http://lapeuplade.com">http://lapeuplade.com</a></p>
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		<series:name><![CDATA[Mai 2012]]></series:name>
	</item>
		<item>
		<title>Véronique Côté et Steve Gagnon – Questionnaire</title>
		<link>http://larecrue.net/2012/05/veronique-cote-et-steve-gagnon-%e2%80%93-questionnaire/</link>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 04:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>webmestre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Véronique Côté et Steve Gagnon]]></category>

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		<description><![CDATA[Véronique Côté et Steve Gagnon répondent au questionnaire de La Recrue.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le concept du questionnaire de la Recrue est simple : chaque recrue se voit transmettre une banque de questions parmi laquelle elle peut en choisir une dizaine. Voici donc les questions &#8211; et les réponses! &#8211; sélectionnées par nos deux recrues ce mois-ci.</p>
<p><a href="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/03/steve.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-4541" title="steve" src="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/03/steve.jpg" alt="" width="660" height="150" /></a></p>
<p>Les réponses de Steve Gagnon. (<em>Crédit photo</em> : France Larochelle)</p>
<p><strong>Avez-vous écrits d’autres types de textes avant de vous tourner vers le roman ?</strong></p>
<p>J’écris surtout pour le théâtre.</p>
<p><em>La montagne rouge (SANG)</em> a été produit et publié en 2011.</p>
<p><em>Ventre</em> sera produit et publié en janvier prochain.</p>
<p><em>Chaque automne j’ai envie de mourir </em>a d’abord été créé pour un évènement théâtral. C’est par la suite que nous avons eu envie de le travailler pour en faire un objet littéraire.</p>
<p><strong>Quel métier rêviez-vous d&#8217;occuper enfant ?</strong></p>
<p>Je voulais être médecin ; chirurgien ou urgentologue.</p>
<p>Maintenant, je me dis parfois que je pourrais être pâtissier.</p>
<p><strong>Quel serait, pour vous, le point de départ de l’écriture ?</strong></p>
<p>En général je pars toujours d’un thème, de quelque chose dont j’ai envie de parler.</p>
<p>Pour <em>Chaque automne j’ai envie de mourir</em>, cela a été différent. Je me suis souvent inspiré d’anecdotes, d’histoires de ma propre vie.</p>
<p><strong>Comment entrevoyez-vous la tension entre forme et fond ? Vous êtes plutôt préoccupé par le style ou par le propos ?</strong></p>
<p>Par le propos.</p>
<p>Ensuite je ne parle pas de style, mais plutôt de langue, de rythme. Et là c’est quelque chose de plutôt instinctif, que je ne contrôle presque pas.</p>
<p><strong>Croyez-vous qu&#8217;il y ait toujours une part d&#8217;autobiographie en fiction ?</strong></p>
<p>Pour ma part oui, tout à fait. Trop souvent peut-être même. Je me dévoile toujours énormément quand j’écris.</p>
<p><strong>Avez-vous un lieu privilégié pour écrire ?</strong></p>
<p>Quand j’écris parce que je n’ai pas le choix, il faut que ça soit entouré de bruit. Et de lumière. Comme dans un café.</p>
<p>Quand j’écris parce que je suis inspiré, c’est souvent chez moi, tard le soir ou dans la nuit.</p>
<p><strong>Quand vous êtes dans une période de doute qui paralyse votre rituel d&#8217;écriture, que faites-vous pour favoriser le démarrage ?</strong></p>
<p>J’écris. De force. Je me fais un thé et j’écris. C’est ce qui fait démarrer le mieux.</p>
<p><strong>Avez-vous un plaisir coupable de lecture ?</strong></p>
<p>Oui. J’adore lire des Agatha Christie.</p>
<p><strong>Comment décririez-vous votre bibliothèque personnelle?</strong></p>
<p>Des tonnes de livres, de toutes les époques, des tonnes de classiques, qu’il faudra que je lise un jour.</p>
<p><strong>Êtes-vous un inconditionnel du papier ? Comment percevez-vous l’arrivée du livre électronique ?</strong></p>
<p>Pour moi, rien ne vaut un livre papier. En plus, il faut qu’il soit à moi. Je ne vais jamais à la bibliothèque. Je les achète.</p>
<p><a href="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/05/veronique.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-4543" title="veronique" src="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/05/veronique.jpg" alt="" width="660" height="150" /></a></p>
<p>Les réponses de Véronique Côté. (<em>Crédit photo</em> : Maude Chauvin)</p>
<p><strong>À quel moment avez-vous su que vous souhaitiez écrire ?</strong></p>
<p>Je crois que je n’ai jamais décidé d’écrire.</p>
<p>J’ai toujours aimé écrire pour mes proches.  Écrire des grandes lettres.  Écrire des petits récits de voyage.  Écrire des cartes postales.</p>
<p>J’écris en amateure, au sens noble du terme :  comme quelqu’un qui pratique une activité par goût, par envie, parce qu’il aime profondément cette activité, comme quelqu’un qui veut partager ce qu’il aime avec les gens qu’il aime.</p>
<p>Je suis une écrivaine du dimanche.</p>
<p>Et j’écris comme je tombe amoureuse :  en secret.  En cachette.  Et pas souvent.</p>
<p>Mais ma cachette est en train de s’éventer, et j’avoue que je ne sais pas encore bien quoi faire avec ça.</p>
<p>Je pense que j’aurais préféré qu’on découvre que je suis une amoureuse plutôt que je suis (peut-être) une auteure.</p>
<p><strong>Quel métier rêviez-vous d&#8217;occuper enfant?</strong></p>
<p>Médecin, comme mon père.</p>
<p>Espionne, en me croyant très originale.</p>
<p>Terroriste, sans bien comprendre le mot.</p>
<p>Journaliste sportive.  Incroyable mais vrai.</p>
<p>Comédienne.  C’est le rêve que j’ai suivi.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Avez-vous un rituel d’écriture ?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Écrire, pour moi, est une excellente façon de faire tout ce que j’ai à faire à part écrire.</p>
<p>Je me lève.  Je me dis :  « Aujourd’hui j’écris ».</p>
<p>Alors je déjeûne.</p>
<p>Je vais m’entraîner.</p>
<p>Je prends une douche, je sèche mes cheveux.</p>
<p>Je fais une brassée.</p>
<p>Il commence à être presque l’heure du dîner, alors je fais une soupe parce que sinon je vais perdre mes poireaux.</p>
<p>Tant qu’à faire une soupe je fais aussi une tarte aux tomates.</p>
<p>Je coupe des oignons, je coupe de l’ail, je râpe du gruyère, je fais dégeler la pâte feuilletée.</p>
<p>Je mets la tarte au four et la soupe est prête.</p>
<p>J’étends le linge à sécher.  Je repars une autre brassée.</p>
<p>Je mange ma soupe et ma mère m’appelle.  Je suis contente parce que je me disais justement qu’il fallait que je lui parle.  Je sors la tarte du four.</p>
<p>On se donne nos recettes de tartes aux tomates.  On raccroche.</p>
<p>Il est deux heures et demie.  J’ai un petit coup de barre.</p>
<p>Je fais une sieste.</p>
<p>Je me lève et je décide de laver mes draps aussi finalement.</p>
<p>Je redescends à la cuisine.</p>
<p>J’ouvre un nouveau document sur mon ordi.</p>
<p>Je fais bouillir de l’eau.</p>
<p>Je fais du thé et j’ai envie de mettre de la musique.</p>
<p>Mais pas avec des paroles, parce que je ne pourrai pas écrire.</p>
<p>Je n’ai presque pas de musique instrumentale.</p>
<p>Je vais sur ITunes me trouver de la nouvelle musique.</p>
<p>Du Bach.  Du piano.  Je suis contente.  C’est parfait, on dirait un paysage d’automne avec une église, des grands arbres et des oiseaux.</p>
<p>Je paye.</p>
<p>Ça ne marche pas.</p>
<p>Je vais vérifier ce qui se passe sur Accès D.</p>
<p>J’appelle à ma caisse, parce qu’ils ont encore gelé mes comptes : ils ne comprennent pas que je suis travailleuse autonome et que parfois, ça fait que j’ai des drôles de comportements.</p>
<p>Il est cinq heures.</p>
<p>Je refais du thé.</p>
<p>J’ai un peu faim.</p>
<p>Je n’ai plus de fruits.</p>
<p>Je vais acheter des oranges.</p>
<p>J’en profite pour faire une petite épicerie.</p>
<p>Je reviens.</p>
<p>Je défais l’épicerie.</p>
<p>Je mange une orange.</p>
<p>Le thé est froid.</p>
<p>Je refais du thé.</p>
<p>Ainsi de suite.</p>
<p>Bref.</p>
<p>Je fais tout ce que je peux plutôt qu’écrire.</p>
<p>Et j’écris quand je n’ai plus le choix.</p>
<p><strong>Croyez-vous qu&#8217;il y ait toujours une part d&#8217;autobiographie en fiction? </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Pour ma part, oui.  Mais c’est quelque chose que j’attribue à une sorte de lacune de créatrice, à un imaginaire trop étriqué.  Je crois que la plupart des (vrais) auteurs arrivent à générer des fictions qui flottent haut au-dessus de leurs propres histoires.</p>
<p>Pour <em>Chaque automne,</em> je m’étais promis de ne mettre en jeu aucun de mes propres secrets.  Au final, ils sont TOUS dans le livre.  Déguisés, mais ce sont bien eux.  Ce n’est pas bien grave, ceci dit.  C’est une sorte de nature artistique  &#8211; en tant qu’actrice, je fais exactement la même chose :  je passe tout à travers le filtre de ma vie, de ma chair, de mon intimité la plus sauvage.  Ça fait que je peux faire miennes toutes sortes d’histoires.</p>
<p>Mais j’admire profondément ceux qui possèdent la grâce d’imaginer des fictions pures.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Avez-vous un lieu privilégié pour écrire?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Chez moi, j’écris dans ma cuisine, devant la fenêtre, avec beaucoup de thé, quand la maison est calme, en plein après-midi ou au début de la nuit.  J’aime écrire quand il neige.</p>
<p>À l’étranger, j’écris au lit le matin, avant de commencer la journée.</p>
<p>J’aime écrire devant des fenêtres.</p>
<p>J’aime écrire sur des grandes tables de bois.</p>
<p>J’aime écrire devant des fleurs fraîches.  (Mes amis vont m’écœurer avec cette réponse pendant deux ans.  Mais c’est vrai : j’aime avoir un bouquet tout près quand j’écris.)</p>
<p>J’aime écrire au café aussi, parfois.  <strong> </strong></p>
<p>J’aimerais arriver à écrire dans les moyens de transport, je trouve que ce sont les meilleurs lieux, les plus inspirants.  Trains, bus, avions.  Aéroports.  Mais finalement, d’habitude, je suis fatiguée, j’ai un peu mal au cœur, et je finis par lire des revues.</p>
<p><strong>Quel livre auriez-vous aimé écrire et pourquoi?</strong></p>
<p><em>L’Usage du monde </em>de Nicolas Bouvier.  Pour le titre, l’un des plus beaux que je connaisse.  Pour la prose sobre, polie comme le bois du manche d’un couteau de poche, humble, travaillée, utile, élégante, pleine de merveilles.  Pour la route surtout, de la Yougoslavie à l’Afghanistan, à travers des Balkans et un Moyen-Orient qui n’existent plus  -  ceux des années cinquante, ceux d’avant notre époque de vitesse forcenée et de transparence feinte.</p>
<p>J’aurais tant aimé faire ce voyage.</p>
<p><strong>Quel recueil de poésie offririez-vous à un ami?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><em>L’Homme rapaillé</em> de Gaston Miron.  Je ne m’en lasserai jamais.  Il a des fulgurances éblouissantes.  J’en découvre de nouvelles à chaque lecture.</p>
<p><strong>Quel est l&#8217;auteur dont vous avez lu tous les livres ?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Wajdi Mouawad.  Son théâtre me galvanise et me console du même souffle  -  il me tire vers le haut.  Et j’y ai énormément appris.</p>
<p><strong>Avez-vous fait lire votre manuscrit à des proches avant sa publication ? Vous inquiétez-vous de leur regard sur votre œuvre ?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Pour <em>Chaque automne</em>, j’ai eu la chance inouïe de travailler avec un co-auteur : Steve Gagnon.  Je crois que je n’aurais jamais écrit sans lui.  Dans la vie, Steve est aussi un de mes amis les plus proches.  Ce qui fait que pendant la période d’écriture, nous nous téléphonions tous les jours pour lire à l’autre ce que nous avions écrit de nouveau.  C’était formidable.  C’était comme écrire délivrée de la solitude inhérente à l’écriture.  Quand nous en avions marre d’être chacun de notre côté, nous travaillions carrément ensemble.  Il y a ainsi cinq textes du recueil écrits à quatre mains.  Ce sont nos préférés.</p>
<p>Je fais toujours lire mes textes à mes proches.  Leur regard m’importe plus que n’importe quoi.  J’ai quelques lecteurs (principalement des lectrices en fait) qui se tapent tout ce que je fais, pratiquement en temps réel.  Elles sont d’une patience infinie et d’une bienveillance qui me bouleverse chaque fois qu’elles m’adressent leurs commentaires.  En fait, si j’y réfléchis, je me dis qu’au fond, je n’écris peut-être que pour elles.</p>
<p><strong>Y a-t-il une citation que vous pourriez considérer être votre maxime?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>« Si je n&#8217;étais pas parvenu à écrire grand-chose, c&#8217;est qu&#8217;être heureux me prenait tout mon temps. D&#8217;ailleurs, nous ne sommes pas juges du temps perdu. » C’est de Nicolas Bouvier, pour rester dans le thème.  Et bon, d’accord, c’est pas vraiment ma vraie de vraie maxime  -  c’est surtout pour me déculpabiliser un peu de faire tout le temps  de la soupe, des tartes aux tomates et des litres de thé au lieu d’écrire.</p>
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		<series:name><![CDATA[Mai 2012]]></series:name>
	</item>
		<item>
		<title>Le dormeur accompagné de son ombre blanche</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 04:00:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicholas Dawson</dc:creator>
				<category><![CDATA[Poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[Simuler le rêve.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/04/dormeur.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4492" title="dormeur" src="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/04/dormeur-191x300.jpg" alt="" width="191" height="300" /></a>Avec <em>Le dormeur accompagné de son ombre blanche</em>, Jean-François Bernier propose un livre énigmatique comme les rêves dont il tente de saisir l’évanescence. Projet ambitieux et au paradoxe intéressant : peut-on vraiment fixer ce qui fuit avec la raison?  L’expérience de lecture ne répond pas à la question, mais la souligne à gros traits, puisque nous cherchons des indices et essayons de reconstruire un sens comme lorsqu’on note des rêves dans un calepin. Pour ainsi dire, le recueil de Bernier a donc les défauts de ses qualités : il peine à éviter un piège qui se pose souvent lorsque la poésie joue avec ses propres paradoxes.</p>
<p>Ce piège, c’est l’abstraction. Loin d’être interdits en poésie, les mots abstraits méritent une prudence voisine de la méfiance. L’amour, la mort, le deuil et la liberté, pour ne nommer qu’eux, sont des concepts qui peuvent rester creux lorsqu’ils sont énumérés sans être portés par un projet, une image ou une expression qui les rendent indispensables. Laissé seul à lui-même, l’amour n’est pas donné, pas plus que la mort; personne n’est en deuil, personne ne se libère. Dans le cas du recueil de Bernier, ce type de mots se lit à tous les poèmes, parfois à tous les vers. Dans quelques lignes seulement se trouvent la lenteur, la patience, la mémoire, les visions, la lumière, les ruines, l’infini et cette obsession des poètes qu’est le silence. Ces mots créent sans doute l’effet voulu, celui d’entourer le projet d’un mystère important et d’offrir au lecteur la totale liberté d’imagerie, mais l’abondance de ces abstractions rend à quelques reprises l’évocation caduque et oblige le lecteur à tenter en vain de traverser une lourde « ombre blanche » qui, au final, ne fait que simuler la part d’impénétrable plutôt que de l’exprimer. Il en va de même avec certains passages, comme les nombreux titres, qui nous offrent des énigmes plus ou moins convenues auxquelles les poèmes ne donnent que des indices insaisissables.</p>
<p>Ce recueil a néanmoins la force peu négligeable de donner de nouvelles couleurs à ce qui se fait en poésie aujourd’hui. Effectivement, Jean-François Bernier fait dans un lyrisme certain et dans la description de paysages. Toutefois, le sujet du poème réussit à garder une distance intéressante, voire troublante, avec ce qui est écrit, faisant en sorte que le déjà-vu est la plupart du temps évité, notamment grâce à un bon nombre de figures qui se déplacent à l’intérieur d’une multitude de lieux. Paradoxalement, ce second abus ne dérange pas, car il s’accorde avec cette voix retenue et distante qui place au centre du recueil son propre mystère : « Le dormeur accompagné de son ombre blanche / remplie des allées de son voyage / et des murs repliés de son jardin / il recommence un lendemain d’oiseaux / nouveaux dans la blancheur du ciel / […] mais pour retrouver le mot de son destin / le voilà à nouveau dans la chambre vide / il s’apprête à déplacer la position de son ombre ». L’expression « mythologie personnelle » inscrite en quatrième de couverture définit bien ce langage parfaitement cohérent avec l’errance, effectuant de nombreux retours et retournement dont la monotonie évoque le rythme lent et vaporeux du sommeil. Ainsi, le recueil de Bernier déconcerte et se lit à petites doses, question de se laisser glisser dans ces rêves et des les épurer pour n’en laisser qu’une voix. Malgré quelques embuches, Jean-François Bernier réussit tout de même son pari.</p>
<p><strong>Bibliographie</strong><br />
<em>Le dormeur accompagné de son ombre blanche</em><br />
Jean-François Bernier<br />
L’Hexagone, 2011<br />
88 pages</p>
<p>Site de l&#8217;éditeur : <a href="http://www.edhexagone.com/dormeur-accompagne-ombre-blanche/Jean-Francois-Bernier/livre/9782890069312">http://www.edhexagone.com</a></p>
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		<series:name><![CDATA[Mai 2012]]></series:name>
	</item>
		<item>
		<title>Mai 2012 – Mot de la rédactrice en chef</title>
		<link>http://larecrue.net/2012/05/mai-2012-%e2%80%93-mot-de-la-redactrice-en-chef/</link>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 04:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucie Renaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mot de la rédactrice en chef]]></category>

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		<description><![CDATA[Loin de la structure narrative linéaire, point de salut? Bien sûr que non, comme le démontrent plusieurs des ouvrages présentés dans ce numéro. En osant aborder l’écriture à quatre mains, déjà, nos deux auteurs « recrues » s’avançaient en terrain miné. Ils vont beaucoup plus loin, en choisissant de transposer de l’oral à l’écrit 37 secrets,  bribes transmises  par des inconnus, que quelques chanceux ont pu découvrir sous leur forme théâtralisée, au détour d’une rue, à Québec en 2009.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Loin de la structure narrative linéaire, point de salut? Bien sûr que non, comme le démontrent plusieurs des ouvrages présentés dans notre édition courante de <em>La Recrue du mois</em>. En osant aborder l’écriture à quatre mains, déjà, <a href="/2012/05/veronique-cote-et-steve-gagnon-chaque-automne-jai-envie-de-mourir/">nos deux auteurs « recrues »</a> s’avançaient en terrain miné. Ils vont beaucoup plus loin, en choisissant de transposer de l’oral à l’écrit 37 secrets,  bribes transmises  par des inconnus, que quelques chanceux ont pu découvrir sous leur forme théâtralisée, au détour d’une rue, à Québec en 2009.</p>
<p>En parcourant ces pages, certaines délicatement ciselées, d’autres d’une banalité pourtant émouvante, j’ai réalisé, une fois encore, combien nous vivions dans des univers en apparence parallèles,  qui toutefois se percutent au hasard des rencontres.  <em>« Je rêve d’être Modigliani. Je rêve d’être Musset. D’être Feydeau. Je rêve d’être Baudelaire. D’être Rimbaud »</em>, confie le narrateur de « Modigliani ». Peut-être, mais en restant incarné dans le 21<sup>e</sup> siècle, pleinement conscient que la littérature demeure un langage vibrant, en évolution, qui a besoin de puiser dans le sol qui l’entoure pour se nourrir, se renouveler, dire autrement, pousser le lecteur à la réflexion. L’écriture ne se veut-elle pas au fond un partage; de soi, de l’autre, de l’imaginaire? <em>« </em><em>Et j’écris comme je tombe amoureuse </em><em>: en</em><em> secret.  En cachette</em><em> »</em>, admet elle-même Véronique Côté dans ses réponses à notre questionnaire.  <em>« </em><em>Je me dévoile toujours énormément quand j’écris</em><em> »</em>, répond Steve Gagnon en écho.</p>
<p>Comme Côté et Gagnon, <a href="/2012/05/au-beau-milieu-la-fin/">Denise  Boucher</a> vient du théâtre et ose signer, à presque 80 ans, un premier ouvrage de fiction « drôle, attendrissant, pas du tout politiquement correct » avance Christine Champagne, <em>Au beau milieu, la fin.</em> La théâtralité est inscrite aussi au cœur même du <a href="/2012/05/rose-brouillard-le-film/">deuxième roman de Jean-François Caron</a> (notre recrue d’octobre 2010),<em> Rose brouillard, le film</em>. Dans <em>La romance des ogres</em>, <a href="/2012/05/la-romance-des-ogres/">Stéphane Choquette</a> propose lui aussi une narration fragmentée, entre réel et rêve, passé et présent, qui intègre de plus avec succès correspondance et fable. Souvenirs tronqués et libertés de style sont également au menu dans <em><a href="/2012/05/decidement-brigitte-pilote-a-beaucoup-d’imagination/">Mémoires d’une enfant manquée</a></em> et <em><a href="/2012/05/l’epingle-a-chapeau/">L’épingle à chapeau</a>, </em>alors que nos deux autres repêchages abordent les univers diamétralement opposés du hockey (<a href="/2012/05/sainte-flanelle-gagnez-pour-nous/"><em>Sainte Flanelle, gagnez pour nous</em>!</a>) et des jeux de pouvoir universitaires (<em><a href="/2012/05/quand-j’en-aurai-fini-avec-toi/">Quand j’en aurai fini avec toi</a></em>, titre en triste écho au conflit étudiant qui perdure).</p>
<p>Moyen idéal pour fragmenter le vécu en parcelles, la poésie continue de nous rejoindre. <em><a href="/2012/05/le-dormeur-accompagne-de-son-ombre-blanche/">Le dormeur accompagné de son ombre blanche</a> </em>de Jean-François Bernier « déconcerte et se lit à petites doses, question de se laisser glisser dans ces rêves et des les épurer pour n’en laisser qu’une voix », souligne notre chroniqueur Nicolas Dawson. Une voix parmi les autres…</p>
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		<series:name><![CDATA[Mai 2012]]></series:name>
	</item>
		<item>
		<title>Une lecture laïque malgré des personnages bibliques</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Apr 2012 04:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christine Champagne</dc:creator>
				<category><![CDATA[Karine Rosso]]></category>

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		<description><![CDATA[Ève et quelques autres revus et réinventés.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Histoires sans Dieu</em>, le premier recueil de nouvelles signé Karine Rosso, se veut une relecture de la Bible au goût du jour, avec des personnages volontairement éloignés de ceux de départ et pour la plupart issus de l’Ancien Testament. Aucun doute ne peut s’établir dans l’esprit du lecteur, l’auteure ayant conservé son prénom biblique à chacun de ses personnages (probablement à l’intention de ceux qui sont peu familiers avec la Bible et ses héros afin qu’ils puissent facilement faire des analogies en tapant ces noms sur tout moteur de recherche).</p>
<p>Le résultat est un recueil qui tient la route, offrant des nouvelles qui ne sont pas calquées les unes sur les autres, des personnages bien dessinés, disséminés dans des lieux aux antipodes, et portant en eux et sur leurs épaules le poids de leur prénom biblique.</p>
<p>L’écriture de Karine Rosso est sans effet de style notable, mais efficace. En quelques lignes, voire en une seule phrase, elle installe lieu, personnages et situation. Il ne nous reste plus qu’à la suivre dans les dédales qu’elle a inventés pour nous.</p>
<p>Le procédé – ou la contrainte – a quelque chose de répétitif, il faut en convenir. Mais il est en même temps ce qui donne le ton au recueil, ce qui le porte et qui, d’une certaine façon, le solidifie puisque la nouvelle finale met en scène le personnage d’Ève, comme le faisait la première nouvelle.</p>
<p>Qui ne connaît pas les personnages bibliques ou n’a pas la curiosité de vouloir  en savoir plus sur ceux que Karine Rosso met ici en scène peut se les approprier en faisant fi du contexte religieux dans lequel ils se sont inscrits. Autrement dit, il est possible de faire une lecture laïque du recueil de la jeune auteure, de saisir l’histoire détournée et d’y trouver autant, sinon plus, de plaisir qu’en cherchant absolument comment la réalité contextuelle a été transposée en franchissant les millénaires.</p>
<p>Les premiers pas de Karine Rosso dans l’univers de la nouvelle sont donc assez convaincants; du moins suffisamment pour que j’aie envie de lire un deuxième recueil signé de son nom.</p>
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		<series:name><![CDATA[Avril 2012]]></series:name>
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		<title>Réviser ses classiques</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Apr 2012 04:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucie Renaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Karine Rosso]]></category>

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		<description><![CDATA[Un recueil convaincant et cohérent.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>« On racontera cette histoire à satiété. Puis, comme toujours, on se fera un devoir de l’oublier. » </em>Des millénaires après sa rédaction, la Bible continue d’être lue par des millions. Si certains la consultent pour s’élever vers un idéal spirituel, il faut sans doute accepter que ces textes demeurent aujourd’hui pertinents non seulement parce qu’ils s’inscrivent au cœur même de grandes religions monothéistes, mais aussi qu’ils transmettent des histoires qui continuent de  nous toucher,  qui se rapprochent de notre vécu, de celui de notre famille, de nos amis. Karine Rosso l’a très bien saisi et revisite ici avec conviction certains personnages bibliques, en un tout au souffle cohérent.</p>
<p>Loin de la formule gratuite crainte au départ (qui aurait pu alourdir le propos plutôt que le porter), elle propose au lecteur des personnages étoffés, denses, qui restent en mémoire une fois la dernière page tournée. On rencontre par exemple Ève cédant aux avances de la drogue mais continuant de tenter le narrateur, Caïn en enfant hanté par l’absence de son double, Ruth apprivoisant l’exil, Sara racontant l’infertilité de l’intérieur ou <em>Elle</em>, devenue statue de sel, sans doute le texte le plus chargé poétiquement… <em>« Elle vivant près de la mer ou, du moins, elle aimait le penser. À un endroit du fleuve Saint-Laurent où l’eau commence à peine à se saler pour séduire l’océan. À la frontière entre deux univers; une frontière qui, comme l’aube, réunit toutes les dualités du monde. »</em></p>
<p>Était-il nécessaire de conserver les prénoms des personnages originaux pour que l’on saisisse l’universalité du propos? Je ne crois pas. Le lecteur averti (surtout aidé de l’exergue) aurait reconnu le passage biblique ayant servi d’inspiration; les autres auraient librement plongé dans l’histoire.  Cela reste au fond une réserve minime, qui ne m’empêchera aucunement de souhaiter lire le prochain ouvrage de l’auteure.</p>
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		<series:name><![CDATA[Avril 2012]]></series:name>
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		<item>
		<title>Petite théologie moderne</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Apr 2012 04:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Luba Markovskaia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Karine Rosso]]></category>

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		<description><![CDATA[Un pari ambitieux remporté avec finesse.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avec son recueil de nouvelles <em>Histoires sans Dieu</em>, Karine Rosso, fait le pari d’actualiser quelques grands mythes chrétiens en les transposant dans le monde moderne. Ce faisant, elle ne tombe pas dans le piège du calque, mais réussit à transposer l’esprit de quelques récits bibliques dans des nouvelles qui – et c’est leur principale qualité au sein d’une entreprise comme celle-ci – se tiennent par elles-mêmes. On peut en effet choisir de les lire sans se concentrer sur la référence chrétienne, et voir se déployer devant nos yeux des personnages bien vivants. C’est la preuve de « la dimension incroyablement humaine de ces histoires qui se répètent depuis que le monde est monde », comme l’exprime l’auteure dans sa postface.</p>
<p>Bien sûr, la lecture est plus complète lorsqu’on tient compte du parallèle biblique, ne serait-ce que pour saisir la grande unité du recueil ou pour éprouver le plaisir du clin d’œil, car malgré le tragique de la plupart des récits, la transposition même a toujours quelque chose de ludique. Ainsi, le Christ né de parents hippies dans une vieille grange abritant une commune, le meurtre d’Abel par Caïn devenu un fratricide intra-utérin; autant de trouvailles savoureuses peuplent le recueil. La réécriture permet également de raconter l’histoire des récits bibliques de la perspective des femmes : ainsi, Sara raconte l’histoire de sa stérilité, Marie le départ du Christ. Et je vous réserve la surprise de celle qui aura le dernier mot…</p>
<p>Il faut donc, pour apprécier entièrement <em>Histoires sans Dieu</em> avoir une certaine culture des écrits bibliques, mémoire de notre civilisation qui nous manque cruellement, comme nous le rappelle Karine Rosso dans son recueil. De son aveu même, l’auteure sent le besoin de justifier, toujours dans sa postface, qu’elle n’est « ni religieuse ni pratiquante » et que « ce n’est pas l’aspect spirituel de la relation avec Dieu qui [l]’intéresse ». Elle réussit en effet à redonner à ces récits galvaudés par le discours interprétatif religieux leur aspect purement narratif, leur force purement diégétique.</p>
<p>Toutefois, à trop vouloir évacuer la dimension spirituelle, on tombe parfois dans des raccourcis : la tentation de la chute et la révélation divine deviennent tous deux l’effet de psychotropes et le sentiment de culpabilité originaire de l’Ancien Testament est traité sur le divan du psychanalyste. Mais peut-être est-ce aussi un commentaire sur notre société, qui elle-même prend ces raccourcis plutôt que de remonter à l’origine des grands récits de l’Occident, ce que Karine Rosso fait de façon notable dans son premier recueil.</p>
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		<series:name><![CDATA[Avril 2012]]></series:name>
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		<title>Un exercice réussi</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Apr 2012 04:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique Mailloux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Karine Rosso]]></category>

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		<description><![CDATA[Des récits intenses qui vous transporteront au cœur de l’humanité.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je voudrais d’abord souligner l’immense plaisir que j’ai eu à parcourir les <em>Histoires sans Dieu</em> de Karine Rosso. Dès la première ligne, mon attention a été happée; exactement comme lorsqu’on est rendu en plein milieu d’un bon roman. La lecture fut un exercice tellement intense et prenant que je n’avais pas l’impression de lire des nouvelles, genre de lecture qui me permet habituellement de garder plus de distance envers l’histoire.</p>
<p>Abordant des problématiques actuelles, Karine Rosso m’a touchée droit au cœur avec ses récits aux thèmes variés tels que l’immigration, le pouvoir ou la drogue. Chaque histoire, loin d’être moralisatrice ou simplette, s’est révélée riche et chargée d’émotions, percutante et belle jusque dans les laideurs du monde. Ce qui m’a le plus impressionnée fut sa facilité à écrire avec style, tout en préservant l’intensité et la richesse émotionnelle de ses histoires. Loin d’assécher le récit ou d’alourdir le texte, le style, les métaphores et les répétitions le mettent pleinement en valeur.</p>
<p>Pour terminer, j’aimerais mentionner que reprendre des récits bibliques peut être risqué. Qui ne craindrait pas, en effet, de se faire servir à cette occasion le « réchauffé du réchauffé ». Au contraire, Karine Rosso nous entraîne dans un vent de renouveau, abordant les textes de manière touchante, originale et actuelle. Elle a su conserver leur esprit sans trop s’en éloigner, mais sans s’enfermer non plus dans les stéréotypes qui les caractérisent la plupart du temps de nos jours.</p>
<p>Chapeau à l’auteure et définitivement, un recueil à lire et relire.</p>
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		<series:name><![CDATA[Avril 2012]]></series:name>
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		<title>Karine Rosso &#8211; Histoires sans Dieu</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Apr 2012 04:00:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>webmestre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Karine Rosso]]></category>

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		<description><![CDATA[Karine Rosso a collaboré à la scénarisation des films <span style="font-style:italic">À fleur de peau</span> et <span style="font-style:italic">Exilio y transhumancia</span>. Elle fait partie d'un groupe de recherche consacré à l’étude de la diffusion de l’œuvre de Borges dans la culture.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4><a href="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/03/karine_rosso_m.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-4449" title="karine_rosso_m" src="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/03/karine_rosso_m.jpg" alt="" width="320" height="240" /></a>L&#8217;auteure</h4>
<p>Karine Rosso a collaboré en tant qu’aide à la scénarisation et à la rédaction du film <em>À fleur de peau, un bouquet de la Colombie. </em>Elle a également participé à la scénarisation du film <em>Exilio y transhumancia</em> de Fernando Garcia Blanes, présenté au dernier Festival du film du monde et termine en ce moment un documentaire intitulé <em>Anarchroniques, chroniques d&#8217;une mouvance libertaire</em>, qu’elle coréalise avec Fernando Garcia Blanes. L’auteure fait partie du groupe de recherche Babel Borges, consacré à l’étude de la diffusion de l’œuvre de Borges dans la culture.</p>
<h4 style="margin-top:20px;">Histoires sans Dieu</h4>
<p><a href="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/04/histoires_sans_dieu.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-4460" title="histoires_sans_dieu" src="http://larecrue.net/wp-content/uploads/2012/04/histoires_sans_dieu-167x300.jpg" alt="" width="167" height="300" /></a>Dans un monde déserté par Dieu, Sa parole est-elle toujours vivante? Dans son recueil de nouvelles, <em>Histoires sans Dieu</em>, Karine Rosso s&#8217;est inspiré de la Bible pour tirer dix adaptations de ces grands récits qui fondent l&#8217;imaginaire occidental et chrétien.</p>
<p>A travers chacune de ses nouvelles, les versets bibliques se réalisent dans la vie de différents personnages comme autant de prophéties. Les uns et les autres évoluent dans un univers aussi impie qu’impitoyable, que ce soit à Montréal, ailleurs au Québec, en Argentine, en Colombie, en Espagne, en France ou au États-Unis.</p>
<p>Migrants ou déracinés, ces personnages sont tous reliés les uns aux autres par un humanisme qui les porte et les transcende, L’auteure brosse ici d’incroyables portraits ou s’entremêlent cultures, désirs et passions.</p>
<p>[<em>Quatrième de couverture</em>]</p>
<h4>Revue de presse</h4>
<p><em>Voir</em> en a parlé en décembre :<br />
« … les dix nouvelles suscitent l’intérêt avec leurs personnages d’une belle consistance, produits d’un monde en perte de repères que l’écrivaine décrit avec acuité et sensibilité »<br />
<a href="http://voir.ca/livres/2011/12/15/karine-rosso-histoires-sans-dieu/" target="_blank"> http://voir.ca/livres/2011/12/15/karine-rosso-histoires-sans-dieu/</a></p>
<p>L’auteure fait partie du groupe de recherche Babel Borges, consacré à l’étude de la diffusion de l’œuvre de Borges dans la culture : <a href="http://babelborges.org/" target="_blank">http://babelborges.org/</a></p>
<p>Elle a de plus collaboré en tant qu’aide à la scénarisation et à la rédaction du film <em>À fleur de peau, un bouquet de la Colombie</em> : <a href="http://youtu.be/CS7atFg9A6w">http://youtu.be/CS7atFg9A6w</a></p>
<h4><strong>Bibliographie</strong><strong> </strong></h4>
<p><em>Histoires sans Dieu<br />
</em>Karine Rosso<br />
Les Éditions de La Grenouillère, 2011<br />
122 p.</p>
<p>Site de l&#8217;éditeur : <a href="http://www.lagrenouillere.info/">http://www.lagrenouillere.info/</a></p>
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